Wanted : 400 jeunes généralistes pour les territoires prioritaires

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À partir de la rentrée 2019, 200 postes d’exercice mixte et autant de postes salariés seront proposés pour remédier aux problèmes d’accès aux soins.

400 postes à prendre. Internes de médecine générale en dernière année, préparez-vous à être sollicités. La mesure annoncée par le président de la République en septembre dernier entrera en vigueur à la rentrée 2019. Il s’agit d’inciter à la création de postes mixtes (combinant exercice hospitalier et de ville) ou de postes salariés dans les zones sous-denses ou les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Selon l’instruction transmise par la DGOS (direction générale de l'offre de soins) aux agences régionales de santé le 6 février, les postes mixtes correspondent au volet 1 du projet. Ils concernent 200 postes répartis sur les 13 régions du territoire métropolitain et pour lesquels le recrutement de médecins non encore installés ou jeunes médecins devra être favorisé. Ces postes seront déployés dans tout type de structure hospitalière, publique ou privée, pour un temps d’exercice hospitalier qui se situera entre 40 et 60 % d’un temps complet. Les salaires seront financés via les budgets MERRI (missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation) des établissements abondés en conséquence. La seconde partie du temps partiel médical devra, elle, être exécutée soit en cabinet libéral soit dans un centre de santé.

Une garantie pour la rémunération des salariés

Le deuxième volet du projet consiste à susciter la création de postes de généralistes salariés pour exercer au sein de structures portées par des organismes à but non lucratif (centres de santé, associations ou mutuelles, collectivités territoriales, établissement public de coopération intercommunale ou sociétés coopératives d’intérêt collectif). La rémunération des salariés y serait garantie par les caisses d’assurance maladie selon un calcul permettant de « couvrir l’éventuel déséquilibre entre son coût salarial total et le montant total généré par les actes qu’il réalise. »

Le syndicat Reagjir (Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants) se montre séduit par le deuxième volet de ce plan car il estime que « l’exercice salarié correspond à la demande d’une partie de la jeune génération ».

En revanche, il a manifesté sa déception à l’égard du premier volet, pour lequel il craint qu’un « jeune médecin peine à trouver sa place entre les différents statuts et modes d’exercice, et ne s’y retrouve pas financièrement ». Réagjir note qu’avec un tel exercice combiné, si le jeune généraliste décide ensuite de s’installer en libéral à plein temps, il ne bénéficiera plus des aides à l’installation dont il pourrait alors avoir besoin. Le syndicat demande donc que ce type de poste ne soit pas considéré comme une première installation. Il souligne également qu’avec un exercice libéral à temps partiel, la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) risque d’être bien moindre. Le syndicat s’est engagé à étudier prochainement l’impact financier qu’un tel exercice combiné pourra avoir sur le niveau de revenu du médecin.

Portrait de Sandra Mignot

 

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