Véronique Genest, une vraie fille de… « Avec mon frère, on interviewait les patients dans la salle d’attente »

Soyons franc, sa présence dans les manifs anti-pass et certains de ses propos ne glorifient pas franchement la médecine, et pourtant, oui, le père de Véronique Genest était médecin généralise à Meaux, ce qui en fait une vraie fille de…

«Autant je pourrais me demander ce qu’aurait été ma vie si je n’avais pas fait Nana ou Julie Lescaut - ce que je fais rarement -, autant je n’arrête pas de me demander ce qu’aurait été ma vie si mon père était encore là. » Et cette question on se la pose aussi, au moment où à 65 ans, Véronique Genest, s’illustre dans les manifs contre le pass vaccinal, racontant dès qu’on lui tend un micro que « les médecins mentent sûrement » sur le taux de patients non vaccinés en salle de réanimation.

Mais c’est ainsi, le Dr Xavier Combouilhaud (le vrai nom de Véronique Genest) n’est plus, et cela depuis longtemps. Il était médecin généraliste à Meaux, et la petite Véronique l’adorait. Il avait installé son cabinet au rez-de-chaussée du pavillon et pour la fillette les patients de son père était son premier public : "J'étais une petite fille heureuse et gaie, très complice de mon frère Olivier, mon aîné d'un an, dans la maison de Meaux où notre père était médecin. Avec Olivier, on écoutait Brassens, on montait à cheval, on avait même créé une radio où l'on interviewait tous les gens de la salle d'attente".
 

Médecin et travaillant beaucoup, mon père était à la fois présent et absent

Et son père très occupé, adorait, entre deux consultations, voir sa fillette, déjà, faire son cinéma. « J ’adorais mon père. Il était beau, beaucoup de gens le surnommaient « Gueule d’amour » ! Médecin et travaillant beaucoup, il était à la fois présent et absent. Je guettais son retour. Surtout le mardi, quand il revenait à la maison avec le magazine Spirou dans la poche. Je lui massais les paupières, me blottissais dans son odeur, lui récitais des poésies : il m’appelait sa grande Sarah, en référence à la comédienne Sarah Bernhardt. Il aimait bien le théâtre et adorait se déguiser. » Mais pas question de sur-protéger sa petite chérie, comme souvent dans les familles de médecin, rien n’est vraiment grave, et surtout pas les petits bobos du quotidien. Alors si l’enfant a la gorge qui pique, son père lui réplique : « Va voir dans la malle ! » Un coffre rempli de dizaines d’échantillons de médicaments envoyés par les labos.

L’actrice se souvient aussi que c’est son père qui lui a fait le premier vaccin dont elle a gardé la mémoire, et pour cause. Elle s’est tellement débattue qu’il a cassé l’aiguille dans son bras. Et ici se sont arrêtés les soins médicaux en famille.

Et c’est donc, son esprit, son cœur, que son père essaie de faire grandir : « Un jour, il m’a demandé ce que la mort signifiait pour moi. Et il m’a transmis un secret. Il m’a dit que les gens qui avaient des enfants ne mouraient jamais, car ces derniers pensaient à eux. Cette phrase m’a aidée après son décès. Je pouvais le convoquer dans ma tête et converser avec lui. Cela n’a jamais cessé. » Comme une prémonition…

Car le médecin généraliste n’a pas eu beaucoup de temps pour transmettre à sa fille son amour de la médecine, et ce petit théâtre du quotidien a pris fin bien trop tôt : "Malheureusement, ce bonheur a été de courte durée : mon père est mort d'un cancer quand j'avais 10 ans".

 

Pas seulement fille de… Véronique Genest est aussi une femme de…

 

Mais hasard de la vie, ou attrait inconscient pour les soignants, Véronique Genest épouse en 1992, Meyer Bokobza, un médecin, « interniste ». Une façon de retrouver son père, de vivre à nouveau dans une ambiance médicale, peut être rassurante, en tous les cas, familière : « Oui, ce n’est certainement pas par hasard, puis c’est quelque chose qui m’a toujours intéressée, moi, la médecine, en plus ». Et si au cours de leur vie commune l’interniste a parfois quitté le cabinet pour la production de film, il n’a jamais vraiment lâché la blouse : « Oui, il est toujours médecin, il peut exercer, il s’est remis au boulot là. Vous savez, médecin, on l’est à vie. Il fait, il fait plus, il fait, il fait plus… Il a toujours été médecin quoi, même quand il ne pratiquait plus, qu’il n’était pas installé, il était médecin».

Et même si elle s’en défend, ce métier a compté dans son choix, sans le vouloir, peut-être : « Je n’ai rien choisi. Je ne lui ai pas demandé ses papiers avant de tomber amoureuse ! De fait, il est médecin comme mon père. Un milieu que je connaissais. Et puis, les médecins peuvent être de grands comédiens. » Ainsi la boucle est bouclée.

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Source: 

La Libre – Paris Match - Générations-plus.ch – Vous êtes en Direct France 2 - VSD

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