#URPSbyWUD - Claude Leicher : « Les URPS ne servent pas à grand-chose »

Le président de MG-France à contre-courant

Pour mieux comprendre les raisons de la désaffection des jeunes médecins pour l’engagement syndical, What’s Up Doc a rencontré le Dr. Claude Leicher, président de MG-France. Est-il adepte de la politique de l’autruche ? Ou, au contraire, clairvoyant ? Quoi qu’il en soit, ses réponses sont plutôt surprenantes.

C’est terminé : depuis lundi soir, il n’est plus possible d’envoyer son bulletin pour élire les représentants des médecins libéraux aux URPS. En attendant le verdict à partir de vendredi, il n’est pas interdit de continuer à réfléchir aux relations compliquées que les jeunes médecins entretiennent avec les institutions chargées de les représenter. What’s Up Doc s’est donc tourné vers un poids lourd du monde syndical : le Dr. Claude Leicher, président de MG-France. Et nous n’avons pas été déçus du voyage.

« Je n’ai pas le sentiment d’un désintérêt des jeunes »

Premier constat surprenant de la part du président de ce qui reste, au moins jusqu’à vendredi, le premier syndicat des généralistes : « Je n’ai pas du tout le sentiment d’un désintérêt des jeunes médecins vis-à-vis de l’action syndicale ». Claude Leicher prend l’exemple des internes : « A l’ISNI ou à l’ISNAR-IMG, il y a des centaines d’étudiants présents dans les amphis, cela nous impressionne beaucoup ».

Certes, ce vieux routier du syndicalisme concède qu’au début de leur carrière, les jeunes médecins libéraux n’ont pas forcément l’engagement chevillé au corps : « Quand on s’installe, le nombre de problèmes à régler est suffisamment important pour que les jeunes ne se précipitent pas dans l’action syndicale ou associative ». Mais au final, il l’affirme : « Par rapport aux anciens, je n’ai pas l’impression qu’il y ait une différence ».

Elections (aux URPS), piège à cons ?

Ah bon ? Nous avons plutôt constaté le contraire : les deux tiers de nos lecteurs ne s’intéressent pas aux élections aux URPS. Mais pour Claude Leicher, il ne faut pas confondre l’intérêt pour les URPS et l’engagement syndical : « Les URPS ne servent pas à grand-chose. Elles ne sont pas présentes dans les négociations conventionnelles. Ce sont des instances consultatives, elles n’ont aucun pouvoir décisionnel, celui-ci est dans les mains des ARS [Agences régionales de santé, ndlr] ». Il est donc normal qu’elles ne suscitent pas l’enthousiasme

Petite remarque en passant : le président de MG France a beau jeu de dresser ce constat une fois que le scrutin est clos et qu’il n’a plus à mobiliser ses ouailles pour aller voter. Cette entreprise de dénigrement des URPS ressemble fort à une tentative de noyer le poisson. Et elle ne fait en tout état de cause rien pour répondre à une question fondamentale : que fait MG France pour intégrer les jeunes ?

Qui veut les clés du camion ?

« Nous avons fait le choix de ne pas créer de structure spécifique pour les jeunes », explique Claude Leicher. « C’est le champ d’action d’organisations comme l’ANEMF, l’ISNAR-IMG, Réagir, le SNJMG, etc. ». Mais, le président du premier syndicat généraliste l’affirme (sans nous donner de chiffres vérifiables) : les moyennes d’âges sur les listes présentées par son organisation aux élections aux URPS sont « très basses par rapport aux autres ».

MG France compte donc en quelque sorte sur son prestige intrinsèque pour plaire aux jeunes. Ce qui ne signifie pas que le syndicat n’a pas besoin d’eux. « Nous avons des cadres qui vont prendre leur retraite, et c’est très important de réussir le passage de générations », avertit Claude Leicher. Il a d’ailleurs un message pour les jeunes généralistes : « Les clés sont pour vous, prenez-les ! ».

Chiche ?

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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