Ukraine : Tout ce que l'ont sait sur la frappe de l'hôpital pédiatrique Okhmatdyt à Kiev

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Le plus grand hôpital pédiatrique d'Ukraine, le centre Okhmatdyt de Kiev, a été touché lundi par un missile lors de frappes russes massives ayant fait une quarantaine de morts dans tout le pays.

Ukraine : Tout ce que l'ont sait sur la frappe de l'hôpital pédiatrique Okhmatdyt à Kiev

© MIdjourney x What's up Doc 

Comme lors de frappes meurtrières du même genre par le passé, la Russie et l'Ukraine ont des versions divergentes sur ce qu'il s'est passé.

Voilà ce que l'on sait sur cette attaque qui a suscité l'indignation internationale, alors que la capitale ukrainienne observe un jour de deuil mardi face à cette tragédie.

Un centre hospitalier dévasté

Le centre Okhmatdyt est l'un des plus grands établissement pour enfants d'Europe. Ce complexe hospitalier affirme disposer de près de 700 lits et réaliser plus de 10 000 opérations par an.

Les services de sécurité ukrainiens ont accusé la Russie d'avoir délibérément frappé l'établissement. Le missile a provoqué l'effondrement du service de toxicologie et endommagé des bâtiments environnants qui abritent d'autres services.

Selon l'ONG française Mehad, un service de réhabilitation pour les blessés de guerre qu'elle gère a aussi été touché, situé "à proximité immédiate" d'Okhmatdyt.

Le personnel médical d'Okhmatdyt avait interrompu ses activités dès la sirène d'alerte aérienne et envoyé les patients et proches s'abriter au sous-sol.

Selon un médecin interrogé par l'AFP, certains enfants n'ont cependant pas pu être évacués car ils subissaient des opérations au moment de la frappe.

Le centre Okhmatdyt est situé à moins de deux kilomètres de l'usine Artyom, qui produit des munitions pour l'armée ukrainienne.

Sept autres quartiers de Kiev ont été également endommagés par des impacts directs ou des débris, selon les autorités municipales.

Missile ou munition antiaérienne ?

Selon les services de sécurité ukrainiens, Okhmatdyt a été touché par un missile de croisière russe Kh-101, une arme tirée par un avion et fréquemment utilisée par Moscou.

La Russie affirme de son côté n'avoir frappé que des installations de défense et des cibles militaires. Elle attribue les dégâts infligés au centre Okhmatdyt à la chute d'un missile antiaérien ukrainien.

Un expert occidental de l'industrie de la défense a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat qu'une image de la frappe diffusée sur les réseaux sociaux "montre clairement un missile de croisière aéroporté Kh-101 en phase de plongée".

"Le missile ne présente aucun signe de dommage et son angle de plongée est conforme à celui observé lors d'autres frappes", a-t-il ajouté.

"Il faudrait vérifier que les images n'ont pas été altérées, mais sur l'une d’elles on voit clairement un Kh-101 en parfait état", abonde Yohann Michel, chargé d'étude à l'Institut d'études de stratégie et de défense de l'université Lyon-3.

Selon lui, la stratégie de Moscou lors de cette attaque était "probablement de saturer" la défense antiaérienne ukrainienne avec des "missiles qui ont des trajectoires et altitudes différentes".

La représentante du Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU en Ukraine, Danielle Bell, a aussi jugé "fort probable" que l'hôpital a été touché par "un tir direct" plutôt que par un "système d'arme intercepté".

Tollé international

L'attaque a créé le choc en Ukraine et suscité un tollé en Occident.

Le président américain Joe Biden a dénoncé la "brutalité" de la Russie, Paris a parlé d'"actes barbares" et Londres a dénoncé une "attaque épouvantable". Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir une réunion d'urgence sur le sujet mardi.

Le Premier ministre indien Narendra Modi, qui s'entretient avec Vladimir Poutine mardi, a évoqué une "douleur insupportable" lorsque "des enfants innocents sont assassinés".

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui doit participer à un important sommet de l'Otan à Washington, a réclamé aux Occidentaux une "réponse plus forte" à la Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a lui martelé devant la presse que Moscou ne ciblait pas de structures civiles.

Avec AFP

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