A l'hôpital de Kiev touché, une chaîne humaine à la recherche de survivants

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A l'extérieur de l'hôpital pour enfants touché lundi à Kiev lors d'une attaque russe massive, une chaîne humaine de plusieurs centaines de personnes se met en place spontanément pour aider les secours à déblayer les décombres, à la recherche d'éventuels survivants.

A l'hôpital de Kiev touché, une chaîne humaine à la recherche de survivants

© Midjourney x What's up Doc 

Habitants du quartier, ambulanciers, militaires et médecins, dont les blouses sont pour certains recouvertes de sang, ils sont tous là après cette attaque qui a fait au moins deux morts sur le territoire de l'hôpital Okhmatdyt, l'un des plus grands d'Europe.

"Les locaux sont détruits. A ce stade, il est probablement impossible de travailler", déplore auprès de l'AFP Oleksandre, un médecin de l'établissement

Pavlo Golovy, un père de famille de 37 ans, a lui rapidement accouru sur le site, où son fils Viatcheslav, âgé d'à peine 3 ans, est actuellement en convalescence.

Hébété, il retrouve l'établissement qu'il connaît largement détruit, de la fumée s'élevant des décombres.

Par chance, son fils et sa femme sont indemnes, alors qu'au moins deux personnes ont été tuées et 16 autres blessées, dont sept enfants, selon le maire de la capitale, Vitali Klitschko.

"L'essentiel était de voir ma femme et mon enfant, je n'ai pas fait attention au reste", relate Pavlo.

À la suite d'une alerte antiaérienne dans la matinée, patients, médecins, infirmières et autres proches des familles se sont précipités dans le sous-sol de l'établissement pour se mettre à l'abri.

« Pourquoi les enfants ? »

Ensuite, "nous avons entendu un grondement sourd, puis le plafond du sous-sol s'est légèrement effondré", raconte Natalia Svidler, 40 ans, dont le fils Illia devait subir une intervention chirurgicale à l'hôpital cette semaine.

"Tout le monde a eu très peur, bien sûr. Tout le monde s'est mis à crier et à courir", dit-elle.

"Nous étions au rez-de-chaussée et en l'espace d'une seconde, tout a explosé et il y a eu beaucoup de fumée. Les gens commencé à avoir du mal à respirer et nous avons commencé à quitter les lieux", abonde Nadia Tajibaïeva, 17 ans.

Les services de sécurité ukrainiens affirment que l'hôpital a été directement touché par un missile de croisière russe, tandis que l'armée russe, de son côté, assure que les dégâts ont été provoqué par la chute d'un missile antiaérien ukrainien.

Selon l'ONG Mehad qui intervient en Ukraine, un hôpital du ministère de l'Intérieur, où se situe un centre de réhabilitation des blessés de guerre, a également été touché. Cet établissement est situé "à proximité immédiate" d'Okhmatdyt.

"Nous avons entendu une première explosion, assez lointaine. Puis, une deuxième a retenti, beaucoup plus proche, et toutes les vitres ont explosé. Et soudain, les plafonds se sont effondrés sur nous", a rapporté dans un communiqué transmis à l'AFP Taras Chechel, un responsable de Mehad.

"Nous avons toujours pensé qu'Okhmatdyt était protégé. Nous étions sûrs à 100% que (les Russes) ne frapperaient pas ici", se désole Nina, une employée de l'hôpital âgée de 68 ans.

"Je préfère être tuée ! J'ai déjà vécu ! Mais pourquoi ces enfants ?", lance-t-elle, l'air désemparée.

Un hôpital bombardé en pleine opération

Natalia Tetrouïeva, une chirurgienne de l'établissement, raconte avoir été en pleine opération lorsque la frappe a eu lieu. "L'enfant a été sorti et transporté dans un autre hôpital pour terminer l'opération", explique-t-elle.

A l'intérieur de l'établissement, des bouts de verre gisent au sol et des tâches de sang sont visibles ça et là. Un secouriste jette un petit sac à dos rose par la fenêtre du bâtiment, tandis que d'autres poussent de gros morceaux de béton pour dégager le chemin.

Le corps d'une personne adulte décédée recouvert d'une couverture est placé sur une pelouse dehors, tandis qu'une infirmière et un officier de police cherchent à confirmer l'identité de la victime.

Quelques minutes plus tard, une explosion retentit, nouveau signe que la menace d'une nouvelle frappe russe est présente, poussant les secouristes et les habitants participant aux opérations de secours à se mettre rapidement à l'abri.

Dans la foulée, les autorités municipales ont annoncé qu'un deuxième établissement médical avait été touché dans la capitale, tuant au moins quatre personnes.

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L'attaque contre l'hôpital pour enfants de Kiev a eu lieu alors que plusieurs autres villes du pays ont été la cible de frappes tôt dans la matinée, faisant au total plus de 30 morts et des dizaines de blessés, selon les autorités.

Cette attaque intervient alors que le président Volodymyr Zelensky est en déplacement en Pologne avant de se rendre au sommet de l'Otan à Washington, où il devrait plaider en faveur d'un soutien militaire accru de la part des alliés pour repousser l'armée russe.

Avec AFP

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