Tiers-payant généralisé : the show must go on

Les réactions outrées fleurissent alors que les modalités d’application se précisent

L’Assurance maladie ne paiera qu’un euro de pénalité au médecin en cas retard de paiement dans le cadre du tiers payant. C’est ce que prévoit un projet de décret dévoilé par le Figaro mardi. Depuis, les leaders syndicaux rivalisent de tirades enflammées.

 

Ceux qui se croyaient débarrassés du débat sur le tiers-payant en sont pour leurs frais. Depuis que le Figaro a dévoilé mardi dernier un projet de décret prévoyant les modalités d’application de la mesure phare de la loi santé, le jeu de rôle auquel se livrent les protagonistes du débat a repris de plus belle.

La mesure la plus discutée est sans conteste la pénalité d’un euro prévue à l’encontre de l’Assurance maladie si celle-ci rembourse les médecins plus de sept jours après la consultation.

Une mesure minable, méprisable, et inapplicable ?

« Un euro, c’est minable », clame le Dr Eric Henry, président du Syndicat des médecins libéraux (SML) dans l’édition du Quotidien du médecin datée d’aujourd’hui.

« Une fois de plus, la réalité de la mise en œuvre des actes ministériels n'est que mépris », se désole de son côté le Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML) dans ce qu’il appelle un non-communiqué de presse. Le leader non-syndical résume sa pensée en une formule lapidaire : « un euro ou l'autre façon d'exprimer la volonté d'éradiquer un modèle professionnel sociétal ».

« Cette pénalité ne s'appliquera jamais », prophétisait pour sa part dans l’article du Figaro le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). « Les médecins n'auront jamais le temps – surtout pour un euro – de vérifier si la Caisse les a réglés dans les temps. Et ce n'est pas la Sécu qui viendra les voir pour leur dire qu'elle leur doit des pénalités de retard ».

Tout le monde surjoue

« C’est du grand guignol », concluait le patron du principal syndicat du pays. Une formule lapidaire qui entendait dénoncer la mesure gouvernementale, mais qui pourrait également s’appliquer à certaines réactions syndicales.

Car si le tiers-payant engendrera bien un surcroît de travail administratif pour les médecins, il n’est pas non plus la mesure qui va tout changer (en bien ou en mal) dans le système de santé.

Comme What’s up Doc le rappelait dans son dernier numéro, partisans et adversaires de cette mesure ont une fâcheuse tendance à surjouer quand ils abordent la question. Un réflexe pavlovien qui refait surface depuis mardi, et qui risque de ressurgir à la première occasion.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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