Soleil, taille humaine et bonne ambiance : Les atouts de l’internat à Montpellier

Sur le podium des CHU français, l’internat de Montpellier-Nîmes décroche la seconde place. Une médaille d’argent obtenue en marge de la crise sanitaire grâce à de nombreux avantages… Le Président de CME, Patrice Taourel, et le président des internes, William Haynes, reviennent sur l’année écoulée.

What’s up Doc : Cette année, vous êtes passé de la troisième à la seconde place. Une réaction ?

Patrice Taourel : Je n’apporte pas une grande importance aux classements. Deuxième, troisième… L’important est que nous soyons toujours bien choisi par les internes. Il y a sans doute un effet Sud, mais la taille humaine de nos CHU joue également à son avantage. Quand on est trop petit, la formation peut-être moins bien. À l’inverse, l’encadrement est moins de proximité dans les plus grandes structures. Dans la plupart des spécialités, il me semble d’ailleurs que nous avons une bonne image à l’extérieur. Sans oublier que la grande majorité des personnes sont bienveillantes. Il peut y avoir des exceptions, mais j’espère que c’est une minorité.

William Haynes : Je rejoins l’avis de Patrice Taourel. Au-delà du soleil nous avons une bonne ambiance de travail avec de bonnes relations avec tous les partenaires. À savoir les universités, les hôpitaux, les députés et les internes.

Au-delà du soleil nous avons une bonne ambiance de travail avec de bonnes relations avec tous les partenaires.

WUD : Comment la pandémie a-t-elle affectée l’internat sur place ?

WH : Comme partout ailleurs, nous avons des spécialités médicales qui ont été très impactées par la crise sanitaire. Essentiellement, les réanimateurs et les infectiologues qui ne font à peu près que ça depuis un an… Alors forcément, leur formation perd sur les autres aspects de leur spécialité. On essaie de faire des rotations des effectifs alloués à la Covid. Mais, cela fait un an que cela dure et nous n’avons pas de solution miracle. Les chirurgiens, quant à eux, sont un peu frustrés car ils opèrent moins en raison des déprogrammations. Sur l’aspect de la vie de l’internat enfin, il ne se passe plus grand chose…

PT : Dans beaucoup de spécialités médicales et chirurgicales, j’observe de l’inquiétude sur la formation. Les réanimateurs ont envie de s’occuper d’autres patients. Quant aux chirurgiens, moins opérer est considéré - à juste titre - comme une entrave à la formation. L’internat, c’est une période qui a un début et une fin. Un an de crise sanitaire, c’est 20 à 25 % d’une formation de moins bonne qualité… Et, cela fait plus d’un an que cela dure.

WUD : Dans le cadre de la mise en place de la réforme du 3e cycle, comment s’est passé l’arrivée des nouveaux internes ? 

WH : Il a fallu un temps pour que tout le monde comprenne comment cela fonctionnait et que les nouveaux systèmes informatiques des ARS marchent. Dans les faits pourtant, le principe ne change pas trop pour les internes.

Dans la grande majorité des cas pourtant, les gens sont bienveillants et normaux.

WUD : Un message à passer aux internes qui vont devoir choisir leur CHU cette année ?

PT : On entend beaucoup parler des horaires inacceptables des internes. Mais également de la présence d’universitaires malveillants centrés sur eux-mêmes ou passant leur vie à la télévision. Dans la grande majorité des cas pourtant, les gens travaillent beaucoup, sont bienveillants et normaux. Ça ne veux pas dire que c’est le cas partout… Dans ce cas, il faut en parler à l’internat ou à toutes les structures qui existent. Il faut le dire car les choses peuvent changer.

WH : Je rejoins Patrice Taourel sur le fait que les personnes n’osent pas souvent parler à l’hôpital. Il ne faut pas craindre les répercussions sur les carrières. D’abord, il faut en parler pour régler le problème. Si c’est difficile de le faire dans les services, il y a un certain nombre de structures externes qui existent comme la médecine du travail, le syndicat des internes, les affaires médicales, ou encore la CME. Il faut que nous soyons au courant avant de récupérer des gens en arrêt de travail depuis six mois et au bord du suicide. Et c’est clairement un des sujets que nous sommes amenés à aborder régulièrement avec Mr Taourel.

Portrait de Julia Neuville

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