Santé mentale : Comment améliorer la prise en charge des jeunes ?

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Peur de la stigmatisation, absence de prise de conscience, manque d’informations… Les freins à la prise en charge des besoins psychologiques des jeunes sont nombreux. Alors comment y remédier ?

Santé mentale : Comment améliorer la prise en charge des jeunes ?

Alors que les troubles de la santé mentale explosent chez les jeunes, seuls 6 % d’entre eux ont consulté un professionnel de santé. C’est l’une des informations alarmantes qui ressort de l’enquête menée par l’Institut Ipsos pour la Fondation Fondamental en janvier dernier. « Cette dernière […] rappelle l’urgence d’agir pour mieux prendre en charge cette population particulièrement touchée », alerte le commanditaire.

Actuellement, 40 % des jeunes de moins de 25 ans présentent un trouble anxieux généralisé – soit 9 % de plus que chez le reste des Français. « Parmi les 22-24 ans, plus fréquemment isolés, hors du foyer familial, près d’1 sur 2 avoue des niveaux de problèmes qui font suspecter un seuil d’anxiété nécessitant une évaluation clinique psychiatrique », souligne la Fondation. Malgré ces ratios inquiétants – mais pas nouveaux, 46 % des jeunes interrogés confient ne pas « savoir grand-chose » sur les structures existantes pour les aider. Et « seulement 56% des 18-25 ans s’estiment bien informés sur les professionnels de santé à consulter en cas de questions sur leur santé mentale », poursuit l'organisation. 

Pour inverser la tendance, une seule solution : faire de la prévention à grand coup de communication à destination des proches, des parents, des professeurs… Mais aussi des soignants ! « Certains ne sont pas très au fait des signaux psychologiques », assure Lisa Letessier, psychologue clinicienne. Isolement soudain, irritabilité, colère disproportionnée, tristesse profonde, démotivation, comportements à risque (sexe, drogue, alcool), troubles du sommeil… « Il y a tout un tas de signes cliniques qui montrent qu’un jeune est en difficulté », rappelle la spécialiste.

Une fois repérés, ces signaux d’alerte doivent donner lieu à la redirection du patient vers la filière psychologique. « Beaucoup de médecins généralistes prescrivent des anxiolytiques et des antidépresseurs à leurs patients. Sans accompagnement psychologique pourtant, ce ne sont que des pansements ! », rappelle Lisa Letessier. Et d'ajouter : « Un médecin généraliste ne doit pas prendre un rôle de psychiatre ou de psychologue. Ils doivent avoir un rôle de repérage. »

Autre levier à actionner pourtant : la formation des généralistes. Souvent en première ligne, ces derniers sont parfois contraints de pallier les failles du parent pauvre de la médecine. « Ce qu’on adorerait, c’est qu’il y est de plus en plus de professionnels qui se forment à l’EMDR et aux TCC, confie la psychologue clinicienne. Ça donnerait un relai supplémentaire. Et en situation de crise, c’est mieux que rien. »

Écoute Étudiants Ile-de-France : Une plateforme à l’écoute des jeunes

La riposte contre les troubles de la santé mentale chez les jeunes s’organise ! Début janvier, la région Ile-de-France, en collaboration avec la Fondation FondaMental, a lancé une plateforme de conseils et de consultations gratuites pour les étudiants d'Ile-de-France. « La plateforme IDF a été inventée dans l’idée de permettre aux étudiants de repérer eux-mêmes les signes d’un trouble », confie Lisa Letessier, qui a participé à l’élaboration du site Écoute Étudiants Ile-de-France.

Anxiété, idées noires, difficultés de concentration, troubles du sommeil… De nombreux signaux sont passés à la loupe. « Et dans chaque thématique, on propose des exercices pour les aider à se sentir mieux », souligne la spécialiste.   

Et si cela ne va toujours pas ? La région Ile-de-France finance trois consultations, en direct ou en visio, de thérapie comportementale et cognitive. « En passant par ce système, il y a un énorme avantage : ils peuvent avoir une consultation très rapidement », assure la psychologue.  

Au 11 février dernier, 8 200 clics avaient été recensés sur la prise de rendez-vous.  « Sachant qu’il y a 40 000 consultations offertes, il y a encore de la marge », indique Lisa Letessier. Un bon plan à partager à vos patients ?

 

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