Réunion : plan Orsec sur la dengue

L’épidémie survit à l’hiver austral

Le préfet de La Réunion a déclenché le niveau 4 du dispositif Orsec de lutte contre les arboviroses en réaction à l’épidémie de dengue qui sévit sur l’île depuis plusieurs mois.

Près de 6 000 cas identifiés et 124 hospitalisations. L’épidémie de dengue ne semble pas donner de signes de faiblesse à La Réunion, après une circulation ininterrompue depuis le début de l’année 2017. Le pic épidémique, atteint en mai, se prolonge. Une situation d’autant plus exceptionnelle que le département d’Outre-Mer est entré dans l’hiver austral, une saison qui protège la population de la maladie. En principe seulement, car les conditions météo restent propices au développement des moustiques vecteurs.

Le préfet a donc réagi le 10 juillet en déclenchant le niveau 4 du plan Orsec de lutte contre les arboviroses, pour une « épidémie de moyenne intensité ». Des recrutements sont en cours pour étendre les opérations de nettoyage des quartiers, afin de détruire les gîtes larvaires des moustiques. Des campagnes d’informations seront mises en place pour sensibiliser le public, et seront renforcées par des volontaires du service civique. Le plan prévoit un effort supplémentaire sur la lutte anti-vectorielle, par la démoustication et la distribution de répulsifs auprès des publics cibles, et une mobilisation des professionnels de santé, pour la détection des cas suspects.

Vers une circulation endémique ?

« Si le nombre de cas est globalement stable depuis plusieurs semaines, on observe une dispersion des cas sur l’ensemble de l’île, notamment sur les communes du Nord et du Sud de l’île », explique la préfecture dans un communiqué.


Source : préfecture de La Réunion

Ce que craignent les autorités sanitaires, c’est qu’une circulation continue du virus pendant l’hiver austral renforce l’épidémie pour l’été prochain. « La situation pourrait alors évoluer soit en épidémie majeure, comme ce fut le cas lors de l’épidémie de chikungunya en 2006, soit vers une endémicité du virus », comme c’est le cas aux Seychelles depuis trois ans, ajoute-t-elle.

Le niveau 4 est l’avant dernier échelon du plan Orsec, avant une « épidémie massive ou de grande intensité ». Communes, intercommunalités, associations mandatées et services de secours sont mobilisés, et même autorisés par arrêté préfectoral à pénétrer dans les propriétés privées pour inspecter les logements et les jardins. Depuis le 1er janvier, 33 500 contrôles ont ainsi été effectués, donnant lieu à la destruction de plus de 8 000 gîtes larvaires.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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