Retraites : la CSMF bluffe, selon l’UFMLS

La CSMF a annoncé le 9 janvier que l’État aurait accepté plusieurs principes concernant la réforme des retraites (maintien du niveau des retraites des médecins libéraux, survie de la Carmf…). Du bluff selon le Dr Jérôme Marty, le président de l’UFMLS, qui croit savoir que le maintien du niveau des retraites des médecins libéraux et la survie de la Carmf ne sont pas actés.

Avancées réelles dans les négociations ? Paroles en l’air ? Bluff ? L’attitude « ferme » de la CSMF « commence à porter ses fruits », se targuait le 9 janvier dernier dans un communiqué le syndicat qui croyait savoir que l’État aurait accepté les principes suivants à propos de la réforme des retraites : maintien du niveau des retraites des médecins libéraux ; survie de la Carmf et réserves sanctuarisées pour les médecins ; principe de la prise en charge partielle de la cotisation retraites par l’Assurance maladie comme actuellement l’ASV (Allocation supplémentaire vieillesse) inscrit dans la loi pour en assurer sa pérennité.
 
À l’issue d'une réunion bilatérale entre la CSMF et Laurent Pietraszewski (nouveau secrétaire d’État en charge des retraites) le 9 janvier dernier, Jean-Paul Ortiz a affirmé avoir rencontré un Secrétaire d’État « à l’écoute et sensible aux arguments politiques et techniques avancés par la CSMF ». Une déclaration et un communiqué qui ont fait bondir le Dr Jérome Marty, président de l’UFMLS :
 
« Le gouvernement a reçu les syndicats représentatifs des médecins libéraux qui négocient pour leur profession. Et non pas Mr Ortiz qui, suite à une réunion bilatérale, a parlé pour faire croire qu’il obtenait des choses, alors même que ce sont les autres (l’UNAPL et les syndicats de médecins libéraux) qui sont censés obtenir des choses. »

Comportement de bernard-l'hermite 

Et d’en rajouter une couche à propos du comportement de Jean-Paul Ortiz : « C’est un petit peu comme un peintre qui peint en blanc un mur fraichement repeint en blanc. Il va vous dire « c’est nous qui l’avons repeint », sauf que le mur a été repeint par d’autres personnes. C’est typiquement un comportement de bernard-l'hermite car il va se mettre dans la coquille des autres. »
 
Le président de l’UFMLS est particulièrement remonté, car, selon lui, le maintien du niveau des retraites des médecins libéraux et la survie de la Carmf n’ont toujours pas été actés. Selon lui, l’instauration d’un plafond de l’assiette de cotisations à hauteur de 120 000 euros (champ de la cotisation pour la retraite universelle couvrant 3 Pass (plafonds annuels de la sécurité sociale)) n’a toujours été remis en cause.

1 Pass ou 3 Pass ?

« Le communiqué de la CSMF ne précise pas si l’on reste à un Pass ou à trois Pass ? », critique Jérôme Marty qui a la certitude que le gouvernement, lorsqu’il a rencontré les syndicats représentatifs des médecins libéraux, « n’est pas revenu sur les trois plafonds annuels sécu, ce qui veut dire que la Carmf n’est pas du tout sauvée. Trois plafonds annuels sécu, c’est l’étatisation du système. Cela veut dire que c’est l’État qui bloquerait les tarifs des médecins et définirait donc la hauteur de leurs retraites. Mais comment lui faire confiance ? ».

Et d’expliquer pourquoi la Carmf ne serait pas sauvée : « La Carmf agit à hauteur de 135 000 euros. Or, les 3 plafonds annuels sécu, c’est 120 000 euros. Donc la Carmf ne va pas rester en place pour 15 000 euros de différentiel. » La Carmf survivra, si et seulement si le périmètre de la future retraite universelle est limité à 1 Pass. Au-delà de ce plafond, « on garderait nos régimes complémentaires », précise le président de l’UFMLS qui met néanmoins un bémol :
 
« La fixation de ce Pass doit être fait en fonction des professions. Car certaines, comme les infirmiers ou les orthophonistes par exemple, n’ont pas de revenus annuels suffisants pour faire face à un Pass. Ils seraient étranglés, donc il faudrait l’adapter pour ces professions-là. »
 
Enfin, sur la question des réserves, qui seraient sanctuarisées pour les médecins, selon le communiqué de la CSMF, Jérôme Marty croit savoir, dans un tweet daté du 12 janvier, que l’utilisation des réserves de nos caisses autonomes seront utilisées pour « financer la transition. » Ce qui signifierait « la mise en faillite de nos caisses autonomes puis la mainmise de l’état sur nos capacités contributives et la hauteur de nos retraites. » Ce qui voudrait dire que le niveau des retraites des médecins libéraux ne serait pas préservé, comme l’avait annoncé la CSMF…

Portrait de Julien Moschetti

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