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Selon RTL, les décès sont survenus alors que les patients attendaient sur des brancards dans les couloirs des urgences, dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 janvier.
Le service est confronté à un afflux massif lié à l’épidémie de grippe, amplifié par la grève des médecins libéraux et la fermeture temporaire des urgences de deux hôpitaux privés situés à proximité.
Du personnel a été rappelé en urgence, des lits supplémentaires ouverts et un poste médical avancé installé, précise la radio.
Pas de défaut de surveillance selon l'hôpital
La direction du CHU de Rennes affirme qu’« une analyse approfondie » est en cours et souligne que « les décès font partie de la réalité hospitalière », l’établissement accueillant quotidiennement des patients en situation critique ou en fin de vie, selon des propos rapportés par RTL et France 3 Bretagne. Elle ajoute qu’aucun lien direct avec la surcharge du service n’est établi à ce stade
Contacté par la radio, le Pr Louis Soulat, chef de service des urgences, réfute également tout lien avec un défaut de surveillance. « Ce sont des patients qui avaient des pronostics engagés avant leur arrivée aux urgences, compte tenu de très lourds antécédents », affirme-t-il.
« Quand on reçoit beaucoup de patients, c’est plus compliqué de les accueillir dans de bonnes dispositions, mais pour ces deux patients les traitements adaptés ont été mis en place », ajoute l’urgentiste.
Presque 300 passages lundi, contre la moitié habituellement
La CGT locale conteste cette analyse. Selon France 3 Bretagne, le syndicat dénonce un manque de surveillance et évoque une prise en charge dégradée durant le week-end : patients âgés restés longtemps sur des brancards, apparitions d’escarres, longs retards pour les examens et l’administration de médicaments, ou encore manque de repas.
Le syndicat décrit un service saturé, avec jusqu’à 283 passages aux urgences le lundi 12 janvier, contre une capacité habituelle maximale de 150 patients. Une aide-soignante aurait eu, selon lui, jusqu’à 29 patients à gérer seule.
« Quand je suis arrivé, on m’a dit : "bienvenue en enfer" », a témoigné Lionel Lepagneul, secrétaire adjoint de la CGT du CHU, au micro de RTL.
La direction du CHU indique à France 3 Bretagne que l’un des deux patients décédés relevait d’une prise en charge en soins palliatifs et qu’« il n’y a pas de mise en cause de la prise en charge à ce stade ». Elle confirme également un afflux exceptionnel, avec environ 250 passages aux urgences en 24 heures et plus de 2 200 appels au SAMU, contre 1 800 en moyenne.
Malgré la grève des médecins, les épidémies hivernales et les intempéries récentes, la Fédération hospitalière de France (FHF) a assuré hier que la situation était « gérable » pour les hôpitaux publics.
Source:
RTL / France 3
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