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L’objectif est de « consolider ce qui fonctionne, corriger ce qui fragilise et accélérer là où l’attente est la plus forte », a affirmé le ministère de la Santé lors d’une conférence de presse, alors que l’obésité, notamment sévère, continue de progresser en France, avec de fortes inégalités socio-économiques et territoriales.
Cette forme la plus grave du surpoids, associée à des désordres métaboliques comme le diabète et à certains cancers, qui grimpe en flèche dans le monde, a déjà fait l’objet de plusieurs vagues de mesures : reconnaissance comme maladie chronique, création de centres spécialisés, prise en charge pluridisciplinaire.
Mais cela ne suffit ni à endiguer sa progression dans la population, ni à résoudre diverses difficultés de prise en charge et d’accès aux soins pour cette pathologie qui nécessite un accompagnement global et au long cours, a reconnu le ministère.
Repérage plus précoce
Si environ 18,1 % des adultes français étaient en situation d’obésité en 2024, certaines données épidémiologiques – permettant par exemple d’évaluer ceux en obésité complexe ou très complexe – manquent.
Cette nouvelle feuille de route, combinant différentes composantes de prise en charge (pédiatrique, médicale adulte, chirurgicale), doit s’articuler avec le prochain Programme national nutrition santé (PNNS) 2025-2030.
« Infléchir la progression de l’obésité et améliorer la santé des personnes concernées », « augmenter l’accès à des soins personnalisés, de proximité et inscrits dans la durée », « développer le nombre de professionnels formés et sensibilisés » et « valoriser et généraliser les parcours et prises en charge innovantes », tels sont ses objectifs selon le ministère.
L’un des axes vise à mieux repérer et orienter les Français à risque ou déjà en situation d’obésité, dès la petite enfance, par l’intermédiaire des PMI et de la médecine scolaire, et à l’âge adulte, par la médecine du travail ou lors d’examens périodiques.
Traitements sous conditions
Si la feuille de route reconnaît les bénéfices des nouveaux traitements anti-obésité, notamment médicamenteux – diminution du poids, complications limitées –, elle rappelle la vigilance nécessaire face aux risques potentiels, dont le mésusage.
Le remboursement par l’Assurance maladie de cette famille de médicaments, commercialisés depuis 2024 en France, n’a pas encore de feu vert.
La Haute Autorité de santé a ouvert la porte à leur prise en charge dans des conditions de prescription strictes pour des personnes en obésité sévère, ce à quoi « la ministre est favorable », selon son cabinet.
Avec AFP