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« L'Ordre des médecins a un engagement : être au service des médecins dans l'intérêt des patients et assurer une mission de proximité pour les médecins. » Voici la proposition faite par le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM). Pourtant, les missions qui en découlent ne sont pas toujours connues des principaux concernés.
Un passage obligé en début d’exercice et lors de chaque changement de département
Chaque interne rencontre l’Ordre au moment de son inscription en tant que médecin. Plus tard, un nouvel entretien a lieu à chaque déménagement, lors de la réinscription au tableau du Conseil départemental de l’Ordre (CDOM). Si ces rendez-vous sont souvent perçus comme de simples formalités, ils constituent pourtant la porte d’entrée vers un ensemble de missions plus larges, que beaucoup de médecins méconnaissent.
La requalification ordinale : une voie d’évolution professionnelle
L’Ordre peut accompagner un changement de spécialité par la procédure de requalification.
Le Dr Janice Flavon, d’abord généraliste, a ainsi pu devenir gynécologue médicale. Elle explique avoir découvert cette possibilité en échangeant avec des confrères lors d’une formation. Elle a ensuite consulté les référentiels métiers mis à disposition par l’Ordre, qui décrivent les prérequis nécessaires, bien que non opposables.
La procédure, détaillée sur le site du Conseil national de l’Ordre des médecins (1), implique des formations et un exercice hospitalier à temps plein dans la spécialité souhaitée. Pour la jeune gynécologue, l’enjeu était déterminant : « Cela ne change rien à mon activité au quotidien, mais cela change tout dans la reconnaissance de ma profession et de mon expertise », raconte-t-elle. Pouvoir accéder à certains diplômes universitaires, prescrire des traitements réservés aux spécialistes ou exercer en libéral constitue pour elle un tournant majeur dans sa trajectoire professionnelle.
Un rôle de conseil et de médiation tout au long de la carrière
Les CDOM remplissent une mission de conseil auprès des médecins comme des patients. Ils interviennent, par l’intermédiaire de conseillers ordinaux, dans la médiation des conflits entre confrères, notamment au titre de l’article 56 du Code de déontologie, qui appelle à maintenir une bonne confraternité. En cas de litige persistant, une Chambre nationale d’arbitrage peut être mobilisée.
L’Ordre accompagne aussi les praticiens dans les situations courantes de la vie professionnelle : déménagement, cumul d’activités, formation continue, et apporte une aide via un service d’assistance juridique.
Un guide, Accompagnement à la fin de carrière du médecin, publié en septembre 2024, prolonge cet accompagnement jusqu’à la cessation d’activité.
Une garantie de rigueur légale et un soutien juridique
La tenue du tableau de l’Ordre constitue l’un des fondements de ses missions : il atteste que les médecins sont diplômés et engagés à respecter le Serment d’Hippocrate.
L’Institution met également à disposition un service juridique. Celui-ci conseille les médecins dans l’analyse de leurs contrats, qui doivent être communiqués au CDOM. L’Ordre est aussi responsable de la rédaction et des évolutions du Code de déontologie médicale.
En cas de plainte d’un patient, l’Ordre intervient à différents niveaux : Commission de conciliation, Chambre disciplinaire de première instance – qui peut prononcer des sanctions – puis possibilité d’appel.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/magazine/71
Une guidance pour les nouvelles générations, notamment sur les réseaux sociaux
L’Ordre accompagne aussi les médecins dans l’évolution de leurs pratiques professionnelles, notamment en ligne. La présence croissante des praticiens sur les réseaux sociaux impose une vigilance déontologique.
Le Dr Estelle Touboul, rhumatologue et créatrice de contenu, rappelle dans le podcast Med It Through l’un des principes de la Charte du médecin créateur de contenu responsable, dont elle a participé à l’élaboration en janvier 2025 en lien avec YouTube comme « Ne pas donner de conseils directs aux patients ». (2). Elle raconte ce travail mené avec l’Ordre : « On a fait un travail pendant un an avec l’Ordre des médecins et YouTube pour discuter de la place du médecin et de la création de contenu sur les réseaux sociaux […]. Le but n’était pas de mettre des règles strictes, c’était de discuter des règles de la déontologie médicale et de les appliquer à notre contenu. »
Cette collaboration illustre une volonté assumée de l’Ordre d’accompagner la modernisation des pratiques médicales et de reconnaître leurs évolutions.
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