Remboursement des appli : L’article 51 «ouvre la brèche»

Initié en 2018, l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale a permis l’expérimentation d’application telle que Ody Sight. La première application de télésurveillance ophtalmologique à bénéficier d’un remboursement depuis le mois de mars.

 

L’article 51 représente pour Jean-François Girmens, ophtalmologiste à l’hôpital des 15-20 à Paris et co-fondateur de l’application Medical Ody Sight : « un gros progrès. C’est une avancé que l’assurance maladie commence à penser que c’est du temps médical que de prescrire et surveiller les résultats des patients. Et que cela puisse être valorisé dans le cadre d’un remboursement. »

Cette application prescrite par des ophtalmologistes est un jeu vidéo médical qui permet de contrôler l’acuité visuelle pour prévenir de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Le patient doit faire un examen médical équivalent à celui réalisé en cabinet. Celui-ci est couplé à un module de jeu sous forme de puzzle. « Le but : profiter de « l’addiction » que provoque les jeux pour inciter les patients à faire leurs tests de vision régulièrement. » C'est en s'exerçant régulièrement qu'il débloquent des bonus pour jouer.  

« Cela pourra déboucher, à terme, sur la prise en charge de la télésurveillance en ophtalmologie »

Ody Sight est financé pour 8 000 patients pendant un an. Au bout de deux ans, une évaluation sera faite par le ministère et l'assurance maladie. « Cela pourra déboucher, à terme, sur la  pérennisation de la prise en charge de la télésurveillance en ophtalmologie. Il faut que l’application confirme son intérêt médical et/ou économique »

Après négociation entre le porteur du projet, les caisses d’assurances maladie, le ministère et les ARS se mettent d’accord autour d’un cahier des charges. Ensuite la sécurité sociale finance le projet pendant deux ans et l’évalue simultanément. « Entre les premières discussions et le moment où il est remboursé, il faut compter un an et demi » explique Dr Jean-François Girmens.

L’article 51 « ouvre la brèche » en permettant à un certain nombre d’applications d’au moins rentrer en expérimentation. « L’étape d’après sera de rentrer dans le droit commun. Il faut aller encore plus loin pour permettre à toutes les solutions de télésurveillance d’être remboursées et d’avoir un parcours défini comme les médicaments et les dispositifs médicaux. » Conclut-il.

 

 

Portrait de Albane Cousin

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