Rapport Carli-Mesnier : un rôle privilégié pour les infirmiers aux urgences et en transports

Le rapport Carli-Mesnier, ou pacte pour la refondation des urgences, est enfin disponible. La rédaction de WUD s’est intéressée au rôle des infirmiers dans le nouveau paysage de l’urgence. Et il semble que leur place sera de plus en plus importante autant dans les SAU que pour le transport para-médicalisé.

Le rapport Carli-Mesnier, ou pacte pour la refondation des urgences, est enfin disponible. En 259 pages, ce rapport est avant tout un état de lieux de l’urgence en France, et la liste des personnes rencontrées est particulièrement pléthorique puisqu’elle occupe plus de 20 pages (dans lesquelles l’Ile-de-France est particulièrement peu représentée).
 
Si certains des propositions ont déjà bénéficié d’un effet d’annonce de la Ministre, la rédaction de WUD s’est intéressée au rôle des infirmiers dans le nouveau paysage de l’urgence. Et il semble que leur place sera de plus en plus importante autant dans les SAU que pour le transport para-médicalisé.
 
Outre la création « d’antennes de médecine d’urgence » ouvertes 7 jours sur 7 mais fermées la nuit, le rapport fait la part belle aux infirmiers – et à terme aux infirmiers en pratique avancée – aux urgences. Cette orientation semble désormais incontournable en raison de l’augmentation de l’activité et du manque d’attractivité de la spécialité de médecine d’urgence (qui donne lieu à un chapitre entier de recommandations).

IDE d’accueil

Au SAU, le rapport imagine les IDE d’accueil (Infirmiers d’Accueil et d’Orientation (IAO) de nouvelles fonctions, en binôme avec un Médecin d’Accueil et d’Orientation (MAO). Aux IAO d’affiner la répartition des patients selon les niveaux d’urgence et d’organiser un parcours en cabinet, maison ou centre de santé si nécessaire. Un nouveau domaine d’activité « urgences » est préconisé pour les infirmiers souhaitant exercer en pratique avancée aux urgences.

Pour cela, ils seront formés pour assurer en première ligne et sous une supervision médicale : l’orientation des patients et la coordination avec les médecins traitants ; la pose d’un premier diagnostic infirmier sur la base d’arbres de décision, pour des types de situations qui auront été définies au préalable avec l’équipe médicale ; la prescription d’actes d’imagerie ou de bilan biologique ; la réalisation d’actes techniques en autonomie, comme par exemple les sutures ; la prise en charge complète d’une filière de soins après décision médicale. Bref, le MAO et l’IAO choisiront s’ils affectent le patient à un infirmier ou un médecin après premier bilan à l’accueil. 

Mieux utiliser le temps médical

Pour les transports pré-hospitaliers ou inter-hospitaliers, la mission préconise donc de mieux utiliser le temps médical à travers une organisation plus souple permettant une nouvelle offre de transport en utilisant les compétences paramédicales, pour prendre en charge des patients ne nécessitant pas une présence médicale continue au cours de leur transport.
 
« La création d’infirmiers de pratique avancée (IPA) en médecine d’urgence permettra à terme une vision beaucoup plus large de l’intervention paramédicale puisque ce dispositif dote l’infirmier dans des circonstances précises d’une autonomie de diagnostic et de traitement obtenue par une formation universitaire spécifique. Le médecin régulateur du SAMU pourra alors confier la prise en charge du patient à l’IPA en médecine d’urgence dans le cadre réglementaire de son exercice », peut-on lire.
 
De là à penser que les IPA en médecine d’urgence vont remplacer les médecins dans des domaines de plus en plus larges, c’est bien possible…

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