Première du genre

Ciné week-end: Danish Girl, de T. Hooper (sortie le 20 janvier 2016)

Danish Girl fait partie de ces films en apparence inattaquables. Sujet fort, histoire unique, message universel à portée contemporaine, occasion de se plonger dans les arcanes d'une psychiatrie et d'une chirurgie balbutiantes...Les raisons ne manquent pas pour le rendre terriblement intrigant.

Las, la réalisation policée de Tom Hooper - travers que l'on retrouvait déjà dans le gentillet Discours d'un roi - conjuguée à l'atmosphère terriblement dépressive du film- et, il faut bien le dire, à sa longueur et à la lenteur de sa mise en place - atténuent la portée de l'expérience. En résulte un film suranné, effrayé par le corps et la psyché de son sujet, ne pouvant donc qu'en effleurer le mystère. A la fin seulement on sent une fièvre gagner le film, mais de celles d'une Dame aux Camélias...

La double lecture qu'on peut en faire manque de nuance: le caractère empesé de la mise en scène agissant en miroir de l'étouffement de Einar/Lili; l'évacuation de la question de la sexualité pour appuyer le fait que c'est une histoire de genre...

Reste un objet de fascination: l'interprétation d'Eddie Redmayne, déjà excellent et justement oscarisé l'an dernier, qui réussit à dépasser sa précédente performance pour réellement habiter, et nous faire ressentir, le soi hanté qui parcourt le jeune Einar, et sa Lili Elbe en devenir. Le moindre de ses gestes, la justesse de son regard se perdant dans ses tréfonds dès lors qu'il échappe à celui de ceux auxquels il/elle s'expose, sont une antithèse au cabotinage. Et rendent secondaires les nombreux défauts de ce film.

Source: 

Guillaume de la Chapelle

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