PredictEst : L’outil qui prédit l’avenir de la Covid-19

En ligne depuis trois semaines, l’outil PredictEst se projette dans le futur de l’épidémie à l’échelle locale. Une prouesse, rendue possible par la région Grand Est et l’IHU de Strasbourg, pensée notamment pour aider à la prise de décision des pouvoirs publics.

Prédire l’avenir de la Covid-19 au niveau local. C’est l’objectif ambitieux qui a été fixé à PredictEst. Depuis mi-janvier, la région Grand Est et l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg, en lien avec d’autres partenaires*, ont mis en ligne cet outil chargé d’anticiper d’éventuels rebonds épidémiques. « Nous ne sommes pas madame Irma, s’amuse le Pr Benoît Gallix, directeur de l’IHU de Strasbourg. C’est tout bonnement de la météorologie. On mesure ce qu’il se passe, et on se projette dans le futur ».  
 
En se basant sur les données récoltées par Santé Publique France, l’outil est capable de donner une indication sur l’évolution de la courbe épidémique sur trente jours. Une information qui serait fiable à 90 %, selon le professeur. « L’outil offre trois trajectoires différentes en fonction des scénarios possibles », précise-t-il, le doigt pointé sur trois courbes verte, jaune et rouge. « La première souligne l’évolution de l’épidémie en cas de confinement immédiat. La seconde représente une situation où le variant anglais deviendrait prédominant. La troisième analyse le cas où le variant anglais ne serait pas si méchant et que les règles en vigueur n’évolueraient pas ».
 
Autre point intéressant : PredictEst est capable de prédire l’évolution de l’épidémie à l’échelle de la maille IRIS – soit environ 2 000 personnes. « Grâce à cet outil, on voit qu’il y a une grosse différence entre les quartiers. Cela va notamment permettre de prioriser les lieux de dépistage », s’enthousiasme le Pr Benoît Gallix. Une échelle de grandeur qui fait d’ailleurs une grande partie de la pertinence de l’outil, selon lui. « SPF a créé des outils nationaux. J’ai voulu être complémentaire et compétitif en allant vers une territorialité », explique-t-il.
 
Un ensemble de caractéristiques qui permet à PredictEst d’aider à la décision des pouvoirs publics. « Il permet d’allier la force de la décision hexagonale à la finesse des acteurs de terrain », se félicite le directeur. Mais, également à celles prises entre les quatre murs de l’hôpital. « Si on observe une dynamique d’hospitalisations très élevée, on sait que nous avons quatre semaines pour nous y préparer », indique Benoît Gallix. Une manière de ménager les équipes, ou encore d’empêcher les fermetures de lits prématurées.
 
D’ici quatre à six semaines, Benoît Gallix espère intégrer la vaccination à PredictEst. « Intégrer les personnes vaccinées permettrait, par exemple, d’amortir les courbes », explique-t-il. Une utilité qui a séduit l’Auvergne-Rhône-Alpes qui aurait, selon lui, choisit d’importer le modèle. « Nous leur avons cédé les droits. Et ils ont acheté les licences pour l’utiliser », souligne-t-il, ajoutant que certains Lander ont également manifesté leur intérêt. Si on ne peut pas le prédire, PredictEst semble être en train de dessiner un bel avenir.

* l’Eurométropole de Strasbourg, l’agence Grande-Nov+, inesia, CapGemini, Dassault Systemes
 

Portrait de Julia Neuville

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