Pour ne plus avoir de charge administrative, pourquoi ne pas devenir médecin territorial ?

La municipalité de Foulayronnes a construit un centre de santé où les médecins sont salariés, à 35h et gagnent plus de 5000 euros net par mois. 

En bordure du village de Foulayronnes trônait un panneau “la ville recherche un médecin”. Comme beaucoup de communes françaises, cette municipalité de 6.000 personnes du Lot-et-Garonne s'est retrouvée sans soignant après le départ du dernier libéral installé. « On ne pouvait décemment pas rester sans aucune offre de santé », souligne le maire centriste Bruno Dubos. A l'approche des municipales de mars 2020, le sujet est même devenu l’un des enjeux des élections.

Située non loin d’Agen, la commune a dû mal à trouver des candidats. La charge de travail et les journées à rallonge effraient. « Je voulais avoir une vie de famille et avoir des loisirs à côté aussi », explique Arthur Lallier, 29 ans. Foulayronnes n’est pas loin de chez lui, l’idée lui plaît bien mais pas question pour lui de faire autre chose que de la médecine. 

La municipalité entend ses doléances et se tourne alors vers l’ARS pour trouver une solution. L’idée germe de lancer un cabinet municipal avec des soignant-es sous le statut d’agent territorial. Ce statut de médecins territoriaux constitue un cadre d'emplois de catégorie A (encadrement), de la filière médico-sociale. 

Avec ce statut, les médecins deviennent contractuels de droit public. Assimilés fonctionnaires, ils peuvent aussi, s’ils le souhaitent passer un concours pour devenir réellement fonctionnaire. 

 

Un bon compromis

En novembre 2019, les bases sont posées, le centre voit le jour et quatre médecins dont deux temps-plein sont recrutés. « Ce statut est très avantageux pour moi, continue Arthur Lallier. Cela me permet de ne faire que ce pour quoi j’ai été embauché, à savoir de la médecine. Tout le reste, la gestion des plannings, l'administratif, ce n’est pas moi qui m’en occupe. » Avec ses 35h et ses 5000 euros net de salaire mensuel, Arthur Lallier estime avoir trouvé le bon compromis entre vie personnelle et vie professionnelle. « On fait aussi des gardes qui sont payées en plus, mais le rythme de travail n’a rien à voir avec un cabinet en libéral. »

« On amène toute la logistique administrative et on s’occupe des recrutements. En d’autres termes, les médecins ne gèrent rien sauf la médecine », souligne le maire. 

Au-delà de cette charge administrative en moins, Arthur Lallier voit tout ce que son statut lui apporte. « On a un statut de médecin municipal. De fait, on peut louer la salle des fêtes pour faire des conférences ou des ateliers d’éducation thérapeutique par exemple. L’équipe est jeune aussi et la ville d’Agen n’est pas loin. »

A terme, la commune espère construire un pôle territorial de santé et recruter de nouveaux médecins et dentistes. « Ce centre à une portée au-delà de notre village. Il crée une dynamique sur le territoire et répond à un besoin de la population », souligne Bruno Dubos. D’ici janvier 2022, deux nouveaux médecins devraient être recrutés. 

Portrait de Elodie HERVE

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