Pôles de santé : infirmiers et médecins main dans la main

Reportage au pôle de santé Villaumed, suite et fin

Certains professionnels s’organisent en pôles de santé pour rompre l’isolement que représente trop souvent l’exercice libéral. Une solution qui ouvre de nouvelles perspectives de collaborations entre infirmières et médecins. Exemple au pôle de santé Villaumed, dans le 19e arrondissement de Paris.

 

« Quand on est infirmière libérale, on a souvent du mal à joindre les médecins ». Marie Méheust, infirmière installée dans le 19e arrondissement de Paris depuis 1990, a longtemps vécu l’exercice libéral comme une solitude. Mais depuis près de deux ans, quelque chose a changé : elle est entrée dans un pôle de santé.

Depuis que Marie et deux autres infirmiers du quartier font partie du pôle Villaumed*, les échanges avec les généralistes sont beaucoup plus fluides (voir vidéo ci-dessous). « On arrive toujours à communiquer et à avoir une réponse rapide », indique-t-elle.

Non seulement, Marie peut joindre facilement les médecins du pôle au téléphone, mais en plus, elle partage le même logiciel qu’eux. Elle peut donc avoir accès à certaines parties des dossiers de leurs patients, et les médecins ont aussi accès aux données de Marie. Les informations vont donc dans les deux sens. « Le jour où un patient vient me voir pour une consultation infirmière, les médecins ont tout de suite un compte-rendu », précise l’infirmière.

Délégation de tâches

Une fluidité que les médecins du pôle apprécient tout particulièrement. « La qualité des échanges n’est plus du tout la même », explique le Dr Mickaël Riahi, co-fondateur de la structure. D’autant plus que le pôle ne se borne pas à améliorer la communication entre les professionnels. Il permet également aux médecins de déléguer certaines tâches aux infirmières, tout en restant dans un cadre très encadré.

Le pôle de santé Villaumed participe notamment au protocole de coopération « Asalée », qui permet aux infirmiers d’effectuer, en étroite collaboration avec le médecin, un suivi de certains patients diabétiques de type 2, de certains patients à risque cardiovasculaire, de certains patients tabagiques, et d’assurer des consultations de repérage des troubles cognitifs.

Marie est très satisfaite de ce protocole. « Ce sont les médecins qui m’envoient les patients, et je peux passer entre trois quarts d’heure et une heure avec eux », explique-t-elle. « La dernière fois, avec une patiente qui n’avait pas marché dans la semaine, on a marché trois quarts d’heure, par exemple ».

Mickaël, côté généraliste, considère qu’il a tout à gagner à ce protocole, car il ne peut malheureusement pas se permettre de passer autant de temps avec chaque patient. La condition de ces nouvelles coopérations ? Le pôle de santé. « Pas de pôle de santé, pas d’Asalée », résume Marie. Une raison supplémentaire, pour les libéraux, de se mettre à travailler en réseau.

* Voir ici et les autres articles de notre reportage sur Villaumed

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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