Pôle de santé : comment ne pas se planter ?

Les conseils de ceux qui ont fait le grand saut

Exercer en maison ou pôle de santé, c’est tentant, mais c’est risqué. Quels sont les conseils de ceux qui se sont lancés ? Réponse avec deux jeunes femmes médecins travaillant dans un cabinet membre du pôle de santé Villaumed, dans le 19e arrondissement de Paris.

 

On le répète assez : les pôles et maisons de santé sont l’avenir de la médecine libérale. Sauf qu’exercer à plusieurs engendre forcément plus de complications qu’exercer tout seul. C’est comme pour le mariage, diraient nos grands-mères : mieux vaut bien réfléchir avant de s’engager. L’expérience de ceux qui sont déjà passés par là ne saurait donc être inutile.

Le Dr Ilana Cohen-Walter et le Dr Emma Goes, qui travaillent au sein d’un cabinet de groupe membre du pôle de santé Villaumed dans le 19earrondissement de Paris*, ont bien voulu répondre à notre question : que peut-on conseiller à ceux de nos lecteurs qui envisagent le grand saut vers l’exercice en pôle de santé ?

A peine la question posée, la réponse d’Ilana fuse. « Il faut savoir que monter un pôle, cela prend du temps », avertit-elle. Entre les réunions entre membres et les démarches administratives, le pôle peut, au moins au début, grignoter une grande partie du temps de ceux qui veulent le construire. Mais la généraliste est formelle : « ça vaut le coup ».

Il y a le côté software… et le côté humain

Autre conseil d’Ilana : « Il faut se mettre tout de suite sur le même logiciel que les autres professionnels du pôle ». Dans le cabinet, le changement de système informatique a laissé des souvenirs. Emma formule les choses avec un sourire qui en dit long : « la transition a été délicate, et cela a été un investissement de quelques mois ».

Et bien sûr, le plus important, c’est l’humain. « Il faut une confiance mutuelle entre les médecins du pôle », explique Ilana. « Il faut qu’ils aient la même façon de travailler que nous », renchérit Emma. Car l’enjeu est de taille, ainsi que le détaille Ilana : « ce sont des médecins que nous recommandons à nos patients, il y a donc une responsabilité derrière ».

Ah, un dernier petit détail : l’argent. « Ca ne doit pas être l’élément moteur du pôle », avertit Ilana. Et pour cause, après deux ans de démarches administratives, Villaumed est enfin agréé par l’Agence régionale de santé (ARS) mais n’a toujours pas vu un sou des aides de l’Assurance Maladie prévues pour les pôles et maisons de santé.

Quel en sera le montant ? « Nous n’avons aucune idée de ce à quoi nous devons nous attendre », répondent en chœur les deux femmes. Il faut donc croire que l’essentiel est ailleurs.

 

* Lire ici et la suite de notre reportage sur le pôle de santé Villaumed.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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