Pakistan : les femmes au foyer peuvent enfin exercer la médecine

`A condition que ce soit en ligne

Patriarcat oblige, le Pakistan compte un grand nombre de femmes médecins qui sont aussi des femmes au foyer. Confinées à la maison, certaines de ces praticiennes ont trouvé une échappatoire dans la télémédecine.

 

Que fait une Pakistanaise à la fin de ses études de médecine ? La plupart du temps, elle arrête tout, se marie et s’occupe de ses enfants. La faute à la pression sociale qui exige que les femmes, même hautement qualifiées, restent à la maison. Face à ce constat, un projet nommé DoctHERs avance une solution : la télémédecine.

La libération de la femme passe par la webcam

« Une femme médecin investit sept années de sa vie dans ses études, et doit ensuite décider si elle veut tout abandonner pour sa famille  », explique dans un reportage de la Deutsche Welle le Dr Sara Khurram, co-fondatrice de cette entreprise sociale. « Elle ne devrait pas avoir à choisir : il doit y avoir une façon de concilier les deux. »

C’est pourquoi DoctHERs fournit du travail aux femmes médecins qui doivent rester chez elles. Les patients communiquent avec elles via un ordinateur muni d’une webcam. La consultation se déroule dans un centre de santé, en présence d’une infirmière.

« Je peux porter le hijab »

La première télé-clinique de DoctHERs a ouvert il y a un an, et l’entreprise en a fondé cinq autres depuis, apprend-on dans un autre reportage, diffusé sur France 24. Pour l’instant, 15 000 patients ont bénéficié des services d’une dizaine de praticiennes.

« Cette plateforme est parfaite pour moi », raconte dans ce reportage le Dr Rabia, l’un des médecins de DoctHERs qui a dû abandonner son travail après son mariage et son déménagement. « Je peux porter le hijab, je n’ai pas à sortir si je ne le veux pas et je peux faire mes consultations depuis chez moi. »

La télémédecine n’est pas une fatalité

Alors, la télémédecine est-elle l’unique manière d’exercer pour les femmes médecins au Pakistan ? Fort heureusement, non. « Tout dépend de votre famille et de votre motivation », explique par exemple sur le site d’Al Jazeera le Dr Amna Ali. Celle-ci est mariée, a eu un enfant, et exerce depuis qu’elle a obtenu son diplôme en 2010. « Ma famille m’a soutenue et mon père était là pour garder mon enfant », se félicite-t-elle. « J’ai tenu à continuer mon cursus parce que j’avais étudié dur pendant 20 ans. »

Il existe donc des praticiennes pakistanaises qui parviennent à exercer sans en passer par la télémédecine. Et c’est heureux, car la demande pour les femmes médecins est forte. Pour beaucoup de Pakistanaises, il n’est pas envisageable d’être examinée par un homme.

 

Crédit photo : DoctHERs

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

Petit quiproquo au sommet de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), où les porte-parole ne semblent plus trop savoir comment caser le burn-out...
Des milliers de jeunes médecins néo-zélandais sont en grève depuis lundi matin pour dénoncer leurs conditions de travail.  

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.