Olivier Véran, salué et… déjà critiqué

De nombreuses réactions affluent depuis hier pour saluer ou critiquer l’arrivée d’Olivier Véran au ministère de la Santé. Morceaux choisis.
 

« J’ai été aide-soignant de nuit, j’ai été médecin (…) et je veux prendre soin à mon tour de celles et ceux qui prennent soin de nous quand nous sommes dans le besoin », a déclaré ce matin Olivier Véran, le nouveau ministre de la Santé, lors de la cérémonie de passation de pouvoir, quelques minutes après le discours d’Agnès Buzyn, en pleurs.
 

 

 

Olivier Véran a également déclaré avoir pleinement conscience de « l’ampleur des enjeux qui m’attendent ici au ministère ». Dans l’immédiat, c’est « la gestion de l’épidémie liée au coronavirus qui nous mobilise pleinement », a ajouté le nouveau ministre de la Santé qui a rappelé que le dossier du coronavirus était encore « la priorité numéro 1 de ce ministère ». Avant d’évoquer d’autres priorités en s’adressant à Agnès Buzyn :
 
« La mise en œuvre des réformes que vous avez portées, que j’ai soutenues au parlement, et qui étaient indispensables pour préserver notre protection sociale à laquelle nos concitoyens sont tant attachés. »

La FHF sera vigilante

Les réactions et les communiqués de presse à propos de la nomination d’Olivier Véran n’ont pas tardé à fleurir. À l’image de la FHF (fédération hospitalière de France) qui a félicité le nouveau ministre et s’est dite « heureuse de pouvoir travailler à nouveau à ses côtés sur les enjeux liés à l’avenir de l’hôpital public ».
 
Mais le syndicat a tenu a exprimer sa « vigilance » sur le nécessaire maintien du plan « Investir pour l’hôpital » présenté par Agnès Buzyn en novembre dernier, tout en appelant le nouveau ministre à s’engager pour l’organisation d’une convention citoyenne pour la santé.
 
Il s’agira pour la FHF de « sortir de l’entre-soi des experts, et d’impliquer réellement les concitoyens sur les sujets de la santé qui « (pré)occupent de plus en plus les Français. » À savoir : « la mise en place de véritables mesures structurelles, pour aller au-delà de simples propositions d’urgence ».

Quant à la FHP (Fédération de l'hospitalisation privée), elle a réagi de la manière suivante à la nomination : « Aussi bien dans son parcours de médecin hospitalier que de parlementaire, notamment comme rapporteur général de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, Olivier Véran s’est toujours fortement impliqué dans les problématiques liées à la santé. »

Le SML et le Snphare réagissent

Le SML a aussi salué l’arrivée d’Olivier Véran au ministère de la Santé. « Bien qu’un médecin hospitalier succède à un autre médecin hospitalier », le syndicat « se souvient du passé syndical d’Olivier Véran à l’Isni, ce qui constitue un atout pour faciliter le dialogue avec les syndicats médicaux nationaux représentatifs. »
 
De plus, en 2017, pendant la campagne des élections présidentielles, « il fut le véritable artisan de la reprise de contact entre ce qui allait devenir la Majorité et les médecins libéraux », a ajouté le syndicat qui espère que le nouveau ministre « n’oublie pas les engagements pris en 2017 avec les médecins libéraux ».
 
Quant au Snphare (Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs), il a salué dans un communiqué l’arrivée d’un praticien hospitalier à cette haute fonction. Et rappelé que son prédécesseur « a fait le bon diagnostic sur l’hôpital public, qui ne tient plus qu’à la bonne volonté de ses personnels, mais n’a pas réussi à lui donner le bon traitement, comme le rappelle la mobilisation qui dure depuis des mois ».
 
Le syndicat attend donc du nouveau ministre « des signes forts d’attractivité » et compte sur lui pour poursuivre le calendrier de négociations sur le statut de praticien hospitalier, ce qui permettrait de « moderniser le statut pour le rendre attractif, pour les plus jeunes comme pour les praticiens déjà titulaires ».
 
Son de cloche similaire du côté du Collectif Inter-Hôpitaux Grenoble-Alpes qui espère que « les revendications portées depuis 11 mois » seront « enfin entendues » par le nouveau ministre de la Santé.

De son côté, l’Isni a rappelé dans un communiqué à Olivier Veran l’importance de mener à bien le chantier du « non-respect du temps de travail des internes ». Et l’a alerté sur l’importance de « gérer la fin de la réforme de l’internat engagée en 2017 ». À ce sujet, les informations concernant une mise en place en disponibilité forcée sans salaire des internes qui n’auraient pas passé leur thèse au 31 décembre 2020 sont « particulièrement alarmantes », a jugé le syndicat.
 
Enfin, d’autres réactions, plus négatives cette fois, sont apparues sur la toile. "Mettre comme ministre celui qui avait été à la manœuvre pour faire voter la loi de finance, qui motive aujourd’hui le mouvement à l’hôpital, ça frise la provocation", a déclaré à franceinfo Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF),

Sur Twitter, le politicien Gérard Filoche a rappelé qu’Olivier Véran est « celui qui voulait supprimer la "Securité sociale" de la Constitution française le 3 juillet 2018 en modifiant l'article 34 amendement 1521 ». En 2018, il a « tenté de supprimer la référence à la Sécurité sociale dans la Constitution pour la remplacer par protection sociale. Il était rapporteur du budget #secu et a imposé tous les ans une cure d’austérité​ », a précisé L’Humanité sur Twitter.

Toujours sur Twitter, selon l’Observatoire Transparence Médicaments, « Véran Ministre doit corriger l’erreur grave de Véran député @olivierveran ». Il relayait un article du blog de la militante et chercheure française Pauline Londeix. Le nouveau ministre de la santé S’est « rendu responsable de l’annulation d’une mesure permettant d’évaluer la légitimité des prix exorbitants des médicaments » quand il était rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, écrivait Pauline Londeix.

Quant à Raphael Pradeau, le porte-parole d’Attac, il a rappelé que l'intersyndicale avait remis à Olivier Véran « un "diplôme de la casse sociale" "pour le remercier de son zèle à casser les solidarités, la sécurité sociale et à servir la finance" ! ».

Portrait de Julien Moschetti

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