« Notre métier consistera à remplir des dossiers pour toucher nos allocations de la Cnam. Alors ça, c’est non ! » Les médecins libéraux en grève les 1er et 2 décembre dans toute la France

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Les 1 er et le 2 décembre, les libéraux se mettent en grève et ferment leur cabinet. « Face au mépris des pouvoirs publics et au regard de la détresse de la médecine libérale », annonce le syndicat des médecins libéraux (SML) dans un communiqué.

« Notre métier consistera à remplir des dossiers pour toucher nos allocations de la Cnam. Alors ça, c’est non ! » Les médecins libéraux en grève les 1er et 2 décembre dans toute la France

© IStock 

Le SML et tous les syndicats médicaux, mais aussi les syndicats de jeunes, ont appelé à la fermeture des cabinets les 1er et 2 décembre. L’objectif :  provoquer « un électrochoc pour que l’Assurance maladie accepte de nous donner les moyens de rester libéraux, avec des honoraires à la hauteur. » annonce Philippe Vermesch, président du SML.

Si les généralistes devraient être les plus représentés dans ce « mouvement dont l’ampleur s’annonce inédite », des spécialistes de secteur 1 fermeront aussi leur cabinet. « On ne lâchera pas. Là, on ferme deux jours pour que les gens et l’État voient comment c’est, sans nous. On recommencera fin décembre et début janvier s’il le faut », avertit Nicolas Hirth, médecin généraliste sur le Télégramme.

Leurs revendications ? Une hausse du tarif de la consultation à 50 €, et ainsi « plus besoin de béquilles ». « Nous pourrions embaucher sans aide extérieure nos collaborateurs, investir dans nos cabinets et proposer une meilleure qualité de prise en charge à nos patients. » explique le SML dans le communiqué.

« Avec dix à quatorze ans d’études, notre profession refuse d’avoir un niveau de revenus qui se situe au-dessous d’autres professions libérales qui, elles aussi, ont des missions de service public, comme les notaires ou les huissiers, mais dont la durée d’études est très en dessous de la nôtre. »

« Par facilité et par lâcheté aussi, les pouvoirs publics nous ont abreuvés de subventions diverses et variées pour éviter de payer nos honoraires à un tarif décent. Si ça continue, notre métier consistera à remplir des dossiers pour toucher nos allocations de la Cnam. Alors ça, c’est non ! » rapporte Nicolas Hirth dans le Télégramme.

" On veut favoriser une médecine low cost "

La délégation des tâches avancées par le PLFSS, est aussi une des choses vue d’un mauvais œil par certains médecins. « On veut favoriser une médecine low cost. On dilapide notre métier en disant : "Ce sont les infirmiers, les pharmaciens, etc. qui vont faire une partie de nos actes". Ce n’est pas légitime. Nous avons fait dix ans d’études », regrette le Dr Attal dans le Journal du Centre. 

Le syndicat MG France est un peu moins catégorique : pour le Dr Taupenot, d'accord pour le partage des tâches, mais plutôt à des assistants médicaux, « cela pose moins de problèmes, car on travaille ensemble ». Ou alors une délégation de tâches « totale », c’est-à-dire un infirmier qui assume le vaccin jusqu’au bout (avec le rappel), pour « gagner du temps médical ».

Cette grève est le début d'un bras de fer entre l'État et les médecins dans un contexte déjà en tension. 

 

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