Négociations conventionnelles : les jeunes médecins trouvent porte close

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Ils demandent à être recus par la ministre

Négociations conventionnelles : les jeunes médecins trouvent porte close

Les négociations conventionnelles ont démarré depuis plus d’un mois, mais les jeunes médecins n’ont pour l’instant participé qu’à une seule séance. C’est insuffisant aux yeux des organisations qui les représentent. Elles ont donc décidé de taper du poing sur la table.

 

Les négociations conventionnelles seraient-elles réservées aux tempes grises ? On était déjà tentés de répondre à cette question par l’affirmative, et l’actualité récente conforte nos soupçons : alors que les organisations représentant les jeunes médecins ont été invitées à participer à la séance du 16 mars, elles sont depuis lors restées à la porte.

« Notre participation ce jour-là était une obligation légale au vu des sujets abordés », commente le Dr Jacques-Olivier Dauberton, président du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR). « Les partenaires conventionnels ont ensuite discuté pour savoir si nous pouvions participer à la suite des négociations, mais certains syndicats représentatifs s’y sont opposés ».

Du coup, les principaux représentants de la nouvelle génération médicale ont pris la plume pour protester. « Nous sommes les seuls à pouvoir porter la voix des remplaçants, des futurs et des jeunes installés, c’est à dire de la majorité des médecins à l’horizon 2030 », écrivent dans un communiqué commun l’ANEMF, l’ISNAR-IMG, l’ISNCCA, l’ISNI, ReAGJIR et le SNJMG.

La loi, rien que la loi

Un plaidoyer qui n’émeut pas le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Il faut bien dire que celui-ci a la loi pour lui.

« Juridiquement, ceux qui participent aux négociations sont ceux qui sont issus d’une enquête de représentativité », indique-t-il à What’s up Doc. « Il y a cinq syndicats représentatifs, et il ne me paraît pas raisonnable d’ouvrir la porte à tous ceux qui réclament un siège, comme les syndicats ultra-minoritaires, les mouvances issues d’internet, et même les fédérations hospitalières ou les associations de patients ».

Malgré son apparente fermeté, le président de la CSMF se veut ouvert. « J’ai proposé à l’ensemble des partenaires conventionnels que nous fassions des points d’étape réguliers avec les jeunes médecins », déclare-t-il. « Nous pourrons ainsi leur présenter l’ensemble des pistes sur lesquelles nous travaillons, en leur donner la parole de manière à construire la convention avec eux ».

Peut mieux faire

Une solution qui ne semble pas donner pleine satisfaction à Jacques-Olivier Dauberton. « Les points d’étape peuvent être intéressants, mais pas suffisants », affirme le syndicaliste. « La place des jeunes doit être clarifiée : ce qui nous intéresse, c’est de peser sur la convention. Ce que nous demandons maintenant, c’est de discuter directement avec l’Assurance maladie pour des mesures spécifiques aux jeunes ».

Seront-ils entendus ? Ils ont en tout cas demandé à être reçus par la ministre, et Jacques-Olivier Dauberton assure qu’un rendez-vous devrait avoir lieu la semaine prochaine.

Source:

Adrien Renaud

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