Mulhouse : le conflit se durcit entre l’ARS et les syndicats d’internes

Malgré la situation catastrophique des internes au CHU de Mulhouse (17 étaient en arrêt de travail le 30 septembre) et les mises en garde des syndicats d’internes* qui exigent le recrutement de titulaires, l’ARS Grand Est souhaite envoyer dans le service 19 internes (au lieu de 10) lors du prochain semestre. Les syndicats menacent de faire grève, tandis que le doyen de la faculté de médecine de Strasbourg annonce des renforts pour assurer l'encadrement des internes.

Si vous avez raté le dernier épisode de la série « Les internes aux urgences du CHU Mulhouse », sachez que les urgences du CHU de Mulhouse sont au bord de la rupture. Le 30 septembre, 17 internes affectés aux urgences étaient en arrêt de travail. Nous vous expliquions dans cet article que deux syndicats d’internes (Saihcs et au Sarra*) avaient alerté de cette situation catastrophique l’ARS Grand Est, le directeur de la CME de l’hôpital de Mulhouse et la faculté de médecine de Strasbourg, une semaine avant la vague d’arrêts maladie.
 
Ils décrivaient une situation catastrophique des internes laissés en « autonomie involontaire » au service des urgences de Mulhouse. « Tant qu’il n’y aura pas de recrutements de titulaires en nombre suffisant, nous n’accepterons pas qu’il y ait des internes qui soient envoyés là-bas », mettait en garde Lucas Gauer, le président du Saihcs.
 
Mais ces avertissements ne semblent pas avoir été pris en compte par l’ARS Grand Est, car « ce ne sont plus 10, mais bien 19 internes dont 17 internes de premier semestre (!) que l’ARS souhaite envoyer dans ce service, sans qu’aucune solution pérenne et concrète ne se profile pour sécuriser leur accueil », déplore le Saihcs dans un communiqué daté du 7 octobre.

Préavis de grève

Pour le syndicat d’internes, « cette décision a été prise de manière unilatérale par l’ARS, sans concertation aucune aussi bien avec le DMG (Département de médecine générale, NDLR), les syndicats ou la faculté de médecine de Strasbourg. »
 
Une décision qui a provoqué la colère du Saihcs qui rappelle, que, dans ces conditions, il ne pourra « accepter la présence d’internes sur ce service ». Il a donc demandé aux différentes autorités compétentes (ministère de la Santé et ARS Grand Est) « la redistribution de ces postes d’internes sur d’autres services d’urgences de la région, en capacité de former ces internes et d’assurer leur sécurité ainsi que celle des patients ». En cas de refus, le Saihcs menace de déposer un préavis de grève.

Le doyen mobilise ses troupes

Quant au doyen de la faculté de médecine de Strasbourg, le Pr Jean Sibilia, il affirme son soutien total aux internes qui ont selon lui besoin d'un encadrement qui est régi par une loi depuis 2017. Il vient donc d’annoncer que des collègues universitaires viendront prêter main-forte aux internes des urgences de Mulhouse, rapporte les Dernières Nouvelles d’Alsace.
 
Il propose en effet, pour une durée indéterminée, que « deux professeurs de médecine d'urgence, un chef de clinique et d'autres collègues universitaires viendront donner un coup de main pour aider à assurer l'encadrement des internes », afin d’assurer un encadrement suffisant et sécuriser les internes.
 
La balle est désormais dans le camp de l'ARS Grand Est qui devrait procéder prochainement aux affectations pour la médecine d'urgence.
 
* le Syndicat autonome des internes des hospices civils de Strasbourg et le Syndicat des internes de spécialité en Alsace

Portrait de Julien Moschetti

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