MSF quitte un centre hollandais d’accueil pour demandeurs d’asile, les conditions étaient « inhumaines »

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La branche néerlandaise de Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé hier son départ d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile dans le nord des Pays-Bas, où l'organisation s'était déployée fin aout, alertée par les conditions d'accueil qu'elle jugeait "inhumaines".

MSF quitte un centre hollandais d’accueil pour demandeurs d’asile, les conditions étaient « inhumaines »

© Capture euronews 

Il s'agissait d'une première pour l'ONG qui fournit habituellement une aide médicale dans les zones de guerre.

"L'urgence est passée" à Ter Apel, a déclaré à l'AFP une porte-parole de l'organisation. "Le nombre de patients diminue. La sévérité des troubles est également réduite".

L'organisation a ajouté que "la suite appartient au gouvernement", qui a promis des mesures afin d'améliorer la situation du centre d'accueil surpeuplé, dont l'ouverture avant-hier d'un centre d'accueil temporaire sur un site de la Défense près de Zoutcamp (nord) durant six mois.

Jusque 700 personnes pourront y rester pendant quelques jours jusqu'à ce que le centre de Ter Apel ait de la place pour enregistrer leur demande d'asile.

L'objectif est d'éviter que des centaines d'individus ne dorment devant le centre d'enregistrement surpeuplé.

Les médecins ont comparé les conditions d'accueil aux pires situations observées dans les centres de réfugiés le long des frontières européennes.

Jusque 700 personnes ont à plusieurs reprises dormi à l'extérieur de Ter Apel. Fin aout, la mort d'un nourrisson de trois mois dans une salle de sports située à l'intérieur du centre avait attiré l'attention sur Ter Apel, où les médecins ont comparé les conditions d'accueil aux pires situations observées dans les centres de réfugiés le long des frontières européennes.

"Les conditions de vie y sont inhumaines", avait jugé MSF.

Jeudi 8 septembre encore, deux inspections ont estimé que l'accueil des mineurs étrangers non-accompagnés était "en deçà des normes".

Ces deux dernières semaines, MSF a assuré des centaines de consultations médicales, consacrées essentiellement au traitement d'infections cutanées, et psychologiques, de nombreuses personnes souffrant de dépression, psychose, anxiété et crises de panique.

"J'espère que nous n'aurons pas à refaire cela, c'est un pays bien organisé, avec un bon niveau médical", a déclaré la directrice de l'organisation, Judith Sargentini, auprès de l'agence de presse néerlandaise ANP.

La crise est imputée à une pénurie de logements aux Pays-Bas et au fait que le gouvernement néerlandais a réduit ses capacités d'accueil pour les demandeurs d’asile, dont le nombre avait baissé pendant la pandémie de coronavirus.

Avec AFP

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