Ministre de la Santé : Agnès Buzyn a du pain sur la planche

Réactions des médecins

Agnès Buzyn vient d’être nommée ministre de la Santé. Le graal pour tout médecin qui s’engage en politique. Il n’empêche que les attentes de ses confrères sont immenses et certains commencent déjà à ruer dans les brancards. 

Le premier gouvernement d’Edouard Philippe a réservé de belles surprises aux commentateurs. Les premiers à n’avoir rien vu venir sont les journalistes "santé". Personne n’avait parié sur elle, mais la nouvelle locataire de l’avenue Duquesne (Paris) est Agnès Buzyn.

Cette hématologue est à la tête de la Haute Autorité de Santé depuis mars 2016. Avant, elle a dirigé pendant plusieurs années l’Institut National du Cancer (INCa). Un parcours salué par les médecins même si certains ont déjà des craintes.

Des libéraux inquiets et sceptiques

Le premier d’entre eux est le Dr Jean Paul Ortiz, président de la CSMF (1). Le boss des libéraux se dit même « inquiet ». L’homme n’a en effet pas oublié que le nouveau collège de la HAS, mis en place par Agnès Buzyn, ne comporte pas un seul médecin libéral. « Pour nous, cela a été un geste très défavorable », rappelle-t-il.

« Nous sommes donc un peu sceptiques sur la capacité qu’aura Madame Buzyn à pouvoir relever le défi du virage ambulatoire ». Pour Jean Paul Ortiz, Agnès Buzyn est en plus une proche de François Hollande et Marisol Touraine. « Elle semble être dans la droite ligne du précédent quinquennat. Mais nous jugerons aux actes », conclut-il. Ca promet…

Des hospitaliers rassurés

Côté hôpital bien évidemment, le discours est tout autre. Agnès Buzyn a fait carrière dans le public. Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France (FHF) nous a confié : « Je sais très bien qu’elle est hospitalière mais on ne juge pas les gens sur leur statut ». « Je dois toutefois avouer que l’a priori est favorable. C’est une bonne experte des questions de santé. Il n’y a pas de raison de douter de sa capacité », poursuit-il.

Les attentes des directeurs d'hôpitaux sont toutefois énormes. Frédéric Valletoux indique : « On attend le rétablissement du lien de confiance perdu lors du précédent quinquennat ». Comme dossier prioritaire, l’édile de Fontainebleau (LR) cite l’ouverture « rapide » du dossier de la stratification. « Il faut lever les contraintes budgétaires et réglementaires qui étouffent l’hôpital. C’est le chantier prioritaire pour améliorer la gestion de nos établissements ». Avec ces réactions à l'opposé, on se demande qui pourrait de toute façon combler les attentes des médecins, une corporation formée de plusieurs professions à l'exercice bien différent. 

RDV : les internes ont pris leur ticket

Enfin, les internes ne perdent pas de temps non plus. Eux aussi ont vite réagi via un communiqué de presse publié immédiatement après l’annonce. De peur peut-être d’être dépassés par leurs aînés... L’ISNI salue ainsi la nomination d’« un médecin et enseignante-chercheuse à ce poste clé ».

Demandant à être reçu de toute urgence par la ministre, le syndicat veut discuter des risques psycho-sociaux (suicides), de la formation (réforme du 3ème cycle), et des promesses ministérielles non tenues (temps de travail additionnel, remplacement dans le service public). Conclusion, Agnès Buzyn a du pain sur la planche ! 

(1) Confédération des Syndicats Médicaux Français.

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

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