Médicaments anti-obésité : vigilance renforcée de l'ANSM face aux prescriptions croissantes et aux risques

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Face aux prescriptions croissantes de traitements contre le diabète qui agissent aussi contre l'obésité, et face aux risques associés, l'agence du médicament va renforcer sa "vigilance" sur d'éventuels effets indésirables graves, a-t-elle annoncé vendredi.

Médicaments anti-obésité : vigilance renforcée de l'ANSM face aux prescriptions croissantes et aux risques

© Midjourney x What's up Doc 

Cette famille de traitements, à laquelle appartient notamment l'Ozempic, mime une hormone secrétée par les intestins (GLP-1) qui agit sur le pancréas pour favoriser la sécrétion d'insuline et envoie au cerveau un signal de satiété après l'ingestion de nourriture.

Indiqués contre le diabète de type 2 insuffisamment contrôlé ou pour contrôler le poids en cas d’obésité, ces médicaments en stylo injectable sont parfois détournés pour perdre du poids à des fins esthétiques.

"Environ 700 000 personnes en France prennent ce type de traitements, on va arriver très rapidement au million, et l'utilisation de ces molécules va encore augmenter dans les années à venir", a déclaré à l'AFP le Dr Isabelle Yoldjian, directrice médicale au sein de l'ANSM. "Cette forte utilisation peut faire apparaître plus largement des risques jusqu'alors très rares ou montrer que des risques connus sont plus graves qu'envisagé".

Jusqu'alors, l'ANSM a "recensé peu de cas d’effets indésirables graves (...), sans doute en raison des tensions importantes d'approvisionnement qui nous ont contraints à restreindre l'utilisation", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Mais, "lorsque ces tensions prendront fin, un plus grand nombre de patients pourront avoir accès aux traitements, ce qui pourrait entraîner une nette augmentation des cas d'effets indésirables graves", a-t-elle ajouté.

Une étroite collaboration entre l’ANSM et l’Assurance maladie pour déterminer les risques de certains médicaments

Pour en savoir plus, le groupement Epi-Phare qui rassemble l'ANSM et l'Assurance maladie, en collaboration avec un centre de Bordeaux, a lancé des études pharmaco-épidémiologiques.

"Le travail va se développer sur trois ans et, s'il débouche dans l'intervalle sur des découvertes de risques, il permettra d'agir rapidement", a expliqué le Dr Yoldjian.

L'objectif est notamment d'estimer la fréquence des risques liés à une anesthésie pour les patients prenant ces traitements, d'étudier un possible risque accru d’idées suicidaires ou de surveiller des effets indésirables à long terme méconnus ou très rares, comme le risque de cancers de la thyroïde ou gastro-intestinaux.

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L'ANSM a aussi réitéré ses avertissements sur des stylos injecteurs "obtenus en dehors du circuit légal et sécurisé", dans le sillage d'alertes de l'agence européenne du médicament et de l'OMS sur des stylos faussement étiquetés comme de l'Ozempic.

L'Ozempic rencontre un fort succès sur les réseaux sociaux pour sa propriété amaigrissante, ce qui a conduit à des ruptures de stocks dans certains pays, comme l'Australie.

En France, selon les estimations de l’Assurance maladie, 1,5% des patients en prenant sont considérés en situation de mésusage. Une proportion probablement sous-estimée car elle ne prend en compte que les médicaments dispensés en pharmacie et remboursés.

Avec AFP

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