Martial Olivier-Koehret, la loi Touraine et les déserts médicaux

Propositions surprise d’un orateur surprenant

Le Dr Martial Olivier-Koehret, ancien président de MG France et agitateur d’idées, était hier matin invité à parler de la loi Touraine devant un public d’acteurs de la protection sociale. Mais il n’a pas résisté à la tentation d’aborder d’autres sujets, à commencer par celui des déserts médicaux.

 

Ce qu’il y a de bien avec le Dr Martial Olivier-Koehret, c’est qu’avec lui, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Généraliste en Haute-Saône (« dans ce qu’on appelle un désert médical », précise-t-il), l’ancien président de MG France est actuellement à la tête de l’association Soins Coordonnés. Hier matin, à l’occasion d’une rencontre organisée à Paris par le Cercle Vivienne, il devait parler de la loi santé. Il l’a fait, mais ses propos ont largement débordé le cadre qui leur était assigné.

Pluie de coups

Ceux qui étaient venus voir les coups pleuvoir en ont eu pour leur argent. La loi Touraine ? « Un texte assez inégal », commente Martial Olivier-Koehret, dédaigneux. Et l’ancien syndicaliste n’est pas tendre non plus avec ses confères. « Dans notre milieu, on a tendance à considérer que le législateur n’est pas légitime pour faire des lois », attaque-t-il.

L’orateur est brillant, mais il ne recule pas devant la mauvaise foi. « On nous avait dit que si la loi passait, on ne pourrait plus soigner les gens ; elle est passée, on continue à soigner les gens », raille-t-il en faisant semblant d’oublier que bien que votée, la loi n’est pas encore entrée en vigueur.

« Quand vous êtes généraliste, vous recevez des offres d’emploi tout le temps »

Au-delà des propos venimeux disséminés tout au long de son intervention, Martial Olivier-Koehret a un véritable message à faire passer, notamment au sujet des déserts médicaux. Celui-ci n’était pas vraiment au programme, mais qu’importe ? Le généraliste a le grand mérite d’aborder ce problème sous un angle peu usuel.

« Quand vous êtes généraliste, vous recevez des offres d’emploi tout le temps », explique-t-il. Et ce ne sont pas des offres pour faire du soin : médecin-coordonnateur en EHPAD, dans les assurances, dans les conseils généraux…

D’après Martial Olivier-Koehret, « la moitié des médecins formés ne font pas ou plus de soin ». Dans ces conditions, pas question de repeupler les déserts à coups d’augmentation du numerus clausus (« la France est déjà le pays qui a le plus de médecins par habitant ») ou de restrictions à la liberté d’installation (« dire qu’on va obliger les jeunes à faire quelque chose, c’est oublier qu’ils peuvent décider de faire autre chose que de la médecine »).

Un fonds pour les déserts

Alors, comment arrêter l’hémorragie ? Il faut d’après Martial Olivier-Koehret créer ce qu’il appelle un « fonds d’intervention et d’innovation en faveur des déserts médicaux », qui serait abondé par tout employeur qui retire un médecin du soin.

Ce fonds servirait à financer des appels à projet pour apporter des solutions nouvelles à la problématique ancienne de la désertification. L’objectif : donner aux médecins qui exercent dans les zones sous-dotées l’envie et les moyens d’y rester. Cela passe par l’amélioration de la protection sociale des professionnels, la création d’un vrai service de remplacement, la facilitation des stages en zone difficile, la mise en place de mesures en faveur d’un véritable exercice pluri-professionnel…

Pas sûr que le budget d’un tel fonds puis un jour être à la hauteur de la problématique des déserts. Mais qui a dit que sur le sujet, on avait tout essayé ?

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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