L'inconstance de la bio ?

Une spécialité se différencie des autres par de grandes variations dans le classement des CHU par rapport à 2014-2015 : La biologie. Pourquoi ces modifications ? Thomas Nenninger, président du syndicat des jeunes biologistes médicaux, nous propose une explication.

La bio, c’est un internat de 4 ans, avec 2 premières années dédiées aux stages en hémato, biochimie, bactério-virologie et en parasito ou immunologie. Les 2 dernières années sont consacrées, au choix, à la biologie polyvalente ou spécialisée. Cette spé est l'une des moins choisies ces dernières années. Jusqu’en 2008 au top du classement, elle a lentement mais sûrement dégringolé dans le classement général.

Thomas Nenninger explique cette perte d’attractivité : « La loi de réforme de la biologie de 2013, préparée et annoncée depuis 2008, a profondément modifié le mode d’exercice des biologistes. Cela a entraîné un moment de flottement ».

UN CHOIX DES CHU INSTABLE  D’UNE ANNÉE À L’AUTRE

Si globalement, au général, le rang de la bio a peu évolué cette année, les choix des biologistes pour leur CHU de formation en 2015 n’ont en revanche pas grand-chose à voir avec ceux de 2014. Premier cette année : le CHRU de la Réunion, qui propose un seul poste à pourvoir et attire pour l’apprentissage d’une pratique très orientée maladies tropicales et parasitaires. Parmi les établissements en progression, on note les CHU de Nancy (+17 places par rapport à l’année passée), Brest (+16), Limoges (+13) ou Rennes (+12). Quant aux dégringolades, elles ne sont pas négligeables : les CHU de Bordeaux et de Lille perdent respectivement 17 et 16 places ! Autre particularité pour la biologie, les CHU de Bordeaux, Grenoble ou Toulouse, pourtant bien choisis au classement général, se retrouvent dans les 10 derniers choix des biologistes, qui semblent complètement s’en désintéresser.

Thomas Nenninger explique l'inconstance du classement par la constance de la formation sur le territoire. « En biologie, quel que soit le CHU, il n’y a pas de moins bon choix ». S’il note un plus grand dynamisme d’hôpitaux de certaines villes comme l’AP-HP, l’AP-HM, le CHU de Montpellier, le président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux insiste : « il n’y a pas de CHU à éviter ». Les internes les choisiraient donc plutôt en fonction de la qualité de vie ou par proximité géographique.

Et d’ajouter : « L’évolution de notre métier s’est stabilisée. Nous avons accès aux technologies les plus innovantes, c’est une spé très intéressante, où on recrute des jeunes ». Un appel à la promotion 2016 ?

Portrait de La rédaction
article du WUD 24

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