Les médecins employeurs en colère : «On nous dit ce sont vos salariés débrouillez-vous»

Bonne nouvelle : deuxième revalorisation de 3 % pour les salariés des cabinets médicaux à partir du 1er juillet 2022. Qu’en est-il de l’augmentation des honoraires des médecins.

Une infirmière sera payée 2055,88 euros brut au lieu de 1854 euros brut. Cela signifie une augmentation de 10 % depuis 2019. Cette revalorisation non négligeable se situe à « 0,2 % au-dessus de l’inflation » se réjouie Franck Devulder, président de CSMF.

En 2019, une revalorisation des salaires des salariés en cabinet médicaux avait été acté de telle sorte qu’ils soient à 5 % au-dessus du SMIC. En 2020 une deuxième revalorisation de 2,2 % avait été négociée pour pallier l’inflation. Aujourd’hui, l’avenant 87 a été signé par les organisations patronales représentatives des cabinets médicaux : la CSMF, le SML, la FMF et MG France ainsi que toutes les organisations représentatives des salariés exceptée la CFDT.

Avec la revalorisation de 2,2 % du 1er juin 2021, selon le communiqué de presse, cela représente une augmentation 5,2 % sur une année glissante, et permet ainsi de compenser l’inflation. La CSMF, le SML, la FMF et MG « se félicitent pour cette signature ».

Cette revalorisation est « preuve d’un dialogue social. Nous nous réunissons régulièrement. Les uns et les autres nous sommes conscients des contraintes de chacun » explique Laurent Verzaux, président du CPPNI.

Pour les médecins libéraux, il s’agit d’une hausse conséquente des charges patronales, qu’ils devront déduire de leurs honoraires, étant donné que l’État refuse de les aider. Rien n’a été mise en place malgré « maintes et maintes relances » des syndicats auprès d’Olivier Véran.  La dernière réponse reçue le 5 avril était : « Ce sont vos salariés débrouillez-vous ».

"Nous ne sommes pas reconnus comme des employeurs."

Malheureusement, les tarifs des consultations n’évoluent pas, et cet effort impactera directement la gestion financière des cabinets. « Un certain nombre de médecins-employeurs risquent de finir par externaliser les services de secrétariat. Cela aura un impact sur le patient qui se tournera vers les urgences. Il faut trouver un juste équilibre pour compenser l’inflation, sans que cela n’oblige les médecins à externaliser des postes. Le but est de garder les 80 000 salariés dans la branche, et les faire évoluer ».

Dans leur communiqué les syndicats dénoncent : les salariés des établissements hospitaliers ont bénéficié des aides du Ségur de la santé, les salariés de la branche des cabinets médicaux, eux aussi présents sans relâche tout au long de l’épidémie, en ont été écartés.

« Nous ne sommes pas reconnus comme des employeurs. On peut espérer que les résultats de la future convention médicale de 2023-2024 mettra en place une revalorisation tarifaire mais, on ne peut pas attendre ! L’une des solutions pourrait être, pour les syndicats, un dégrèvement des charges » conclut Laurent Verzaux.

 

 

 

Portrait de Albane Cousin

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