Le suicide médicalement assisté… et nous

Sortie du livre d'Emmanuel Hirsch

A l’occasion de la sortie de son livre « Fin de vie. Le choix de l’euthanasie ? », Emmanuel Hirsch a relancé le débat sur la gestion médicale et administrative du suicide médicalement assisté. Un débat public qui a pourtant du mal à murir clairement. Pas plus tard que jeudi dernier, le président de la République, François Hollande, réaffirmait son intérêt pour un développement des soins palliatif… sans arriver à glisser un mot sur la sempiternelle notion d’euthanasie, ni de suicide médicalement assisté. Réinsistant sur le respect de la personne, sur l’indispensable prise en compte de son confort de vie pour lui éviter toute forme de souffrance, il a pris soin de ne pas se confronter à ce débat qui nous anime tous, citoyens, patients, médecins.

 

La fin de vie est une problématique, sinon la problématique de tous les professionnels de santé, quel que soit leur exercice médical car nécessairement, tous y sont confrontés dans leur pratique. Avec l’évolution des innovations médicales, les maladies chroniques représentent un défi de santé complexe pour la société. Un défi qui précède la fin de vie mais s’installe dans la même problématique. « Nous devons repenser la place parmi nous de personnes atteintes de maladies évolutives sur un long temps » comme l’exprime Emmanuel Hirsch dans les colonnes du Figaro de ce matin, et de rajouter « penser le droit politique de vivre dans la dignité, y compris dans des circonstances de précarité existentielle sans rapport direct avec la maladie, s’avère dans le contexte présent plus urgent que penser le droit à mourir dans la dignité. »

 

Considérant ainsi l’étendu de la question, il est évident que la fin de vie et le droit des patients pour le laisser mourir constituent un des problèmes de notre société à l’espérance de vie croissante, mais certainement pas le seul et peut-être même pas le plus immédiat à traiter. Se risquer à penser qu’une loi faciliterait la décision médicale à son sujet est une réflexion bien superficielle quand on considère l’ensemble des défis à relever… défis de société… défis d’humains en proie à la question du respect de son existence vieillissante galopante. Mettre en œuvre pleinement la loi Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie serait déjà plus efficace pour nous tous que de travailler à la promulgation de nouvelles dispositions pour l’aménager alors même que cette loi n’est pas pleinement mise en en place et que seulement 15% des français la connaisse selon un sondage Ifop d’octobre 2013. En terme de qualité de vie, faire et défaire les textes politiques paraît presque indécent et un comportement bien inapproprié pour une question si transversale qui nous touche tous… un jour.

Source: 

Matthieu Durand

Portrait de La rédaction

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