Le Lancet publie le régime alimentaire qui nous sauvera tous

Horloge dans une assiette vide
L'apocalypse dans l'assiette

La commission pour une alimentation saine et durable de la revue The Lancet invite fortement le monde à infléchir sa trajectoire alimentaire, sous peine d’apocalypse.

Changement climatique, pollution, perte de la biodiversité, croissance de la population : l’avenir du monde s’annonce rose et riant. Heureusement, The Lancet a pensé à nous. Sa commission pour une alimentation saine et durable, composée de 37 experts internationaux, vient de publier ses recommandations, fruit de trois ans de travaux.

Objectif : nourrir 10 milliards de bouche en 2050. Et le tout, s’il vous plaît, sans éreinter la planète.

Autant dire que ce n’est pas gagné. Pour atteindre une production alimentaire durable à l’échelle du globe, les experts prescrivent de réduire drastiquement la consommation d’eau, de maintenir les surfaces exploitées au niveau actuel, contrôler la pollution aux phosphores et aux nitrates, et décarboner l’industrie agro-alimentaire. Quant au gaspillage de nourriture, prière de réduire de moitié !

« Le régime alimentaire mondial doit changer radicalement », prévient le Dr Walter Willett (Harvard), éminent spécialiste en santé publique et nutrition, par ailleurs co-président de la commission. « Plus de 800 millions de personnes manquent de nourriture, tandis que beaucoup ont un régime alimentaire inadapté, responsable de morts prématurés et de maladies. »

Adieu veau, vache, cochon

La commission estime qu’il faudra réorienter toute l’industrie agro-alimentaire pour l’adapter aux besoins d’un régime sain et équilibré. Nous sommes donc invités à réduire notre consommation de sucre et de viande de moitié… Il s’agit bien sûr d’une moyenne : les Américains devraient diviser le consommation de viande rouge par 6,5 !

Quant aux fruits, légumes, légumineuses et autres fruits secs, il est permis de se lâcher : la commission préconise d’en manger deux fois plus d’ici 2050.

Le régime alimentaire idéal est résumé ci-dessous. Il est basé sur un apport quotidien de 2500 kilocalories, soit les besoins moyens d’un trentenaire de poids normal – et 1000 de moins qu’un Français moyen. Il permettrait d’éviter la bagatelle de 11 millions de morts prématurées par an.

Faut-il le préciser, les auteurs estiment que la transformation complète du modèle agro-alimentaire conditionne la survie à long terme de l’humanité. Espérons que cette dernière n’est pas trop sujette au grignotage émotionnel.
 
 
 

Adapté et traduit de Willett et al. (2019.)
Portrait de Yvan Pandelé

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