L'avenir à portée de main

La simulation numérique apporte de nouvelles solutions pour la formation, l’entraînement et la thérapeutique. Or, ces dispositifs utilisant des technologies récentes génèrent autant d’engouement que de questions. Pour promouvoir ces outils d’avenir, la société SimforHealth a organisé une série de rencontres dans différentes villes de France.

Marre d’apprendre sur de vieux livres poussiéreux ? De faire les annales sans intérêt ? Place aux serious games et autres casques de réalité virtuelle… avec eux, il sera bientôt difficile de savoir si l’on travaille ou si l’on s’amuse ! SimforHealth l’a bien compris : les nouvelles technologies sont un atout pour la formation des médecins. Pour les promouvoir, mais aussi faire le point sur les attentes des enseignants et des étudiants, cette société pionnière en matière de simulation numérique a décidé de faire son tour de France…

 

 « Ces outils permettent de réaliser des formations dans des contextes complexes et coûteux à recréer »

 

« Les serious games commencent à être connus, mais la simulation numérique ne se limite pas à ça », explique Guillaume Brun, chef de projet simulation numérique chez SimforHealth et responsable des Rencontres de la simulation numérique en santé organisées dans une dizaine de villes françaises. Au cours des conférences, il explique à un public d’étudiants et d’enseignants les différences entre serious games, consultations virtuelles, simulateurs d’environnement 3D sur écran et cas cliniques en immersion grâce à des casques de réalité virtuelle. « Chaque type de simulation numérique offre des opportunités complémentaires, et répond à différentes problématiques d’enseignement. Ces outils permettent de réaliser des formations dans des contextes complexes et coûteux à recréer – comme les attentats, les plans blancs, ou les risques NRBC*– ; mais également des entraînements sur du matériel dont les conditions d’accès sont difficiles, par exemple l’IRM ou la radioprotection. » 

 

Dans le public de ces rencontres, des étudiants d’abord, attirés par la démonstration du cas clinique en immersion, curieux de tester un casque de réalité virtuelle. « Ils sont très emballés à l’idée de se former avec ce type d’outils, mais également dubitatifs sur la capacité des facultés à les intégrer. Ils ont l’impression de ne pas voir les cours évoluer, ou pas assez vite pour pouvoir en profiter pendant leurs études » rapporte Guillaume Brun. 

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« Lors des débats, ce sont eux qui tentent de convaincre leurs enseignants de l’intérêt de la simulation numérique ! » Les enseignants sont demandeurs de preuves scientifiques, mais il y a encore peu de publications sur ce sujet. « Ils s’interrogent sur les bénéfices pédagogiques de ces dispositifs et sur leur place dans l’enseignement ». 

 

« Lors des débats, ce sont eux qui tentent de convaincre leurs enseignants de l’intérêt de la simulation numérique ! »

 

Parmi les autres freins à la diffusion de la simulation numérique, le financement du matériel fait partie des préoccupations. Pour l’organisateur des Rencontres, il y a plusieurs possibilités. « Les jeux vidéo ont poussé à la démocratisation de la réalité virtuelle, donc à la réduction des coûts. D’ici un an, des casques autonomes sans fil vont arriver sur le marché, plus abordables et plus pratiques. Les facultés peuvent développer des partenariats public-privé, ou investir dans des dispositifs qui serviront également à la thérapeutique. Il y a par ailleurs la possibilité de louer temporairement le matériel auprès de prestataires », explique Guillaume Brun. 

 

Cependant pour lui, une fois tombées les quelques barrières technologiques restantes, les possibilités seront immenses : des cas cliniques virtuels en mode multijoueur, pour s’entraîner en équipes pluridisciplinaires ; des formations à distance entre un chirurgien à Amiens et un autre à Stanford… « La réalité virtuelle n’a pas encore le réalisme des autres modes de simulation, mais elle l’atteindra dans un avenir très proche. » Aujourd’hui, s’entraîner sur un cochon est plus proche de la réalité qu’opérer un avatar, mais avec le développement de la fonction de retour de force et l’amélioration du rendu visuel des tissus mous, la réalité virtuelle deviendra probablement un passage obligatoire dans la formation médicale.

 

Au cours de ces Rencontres de la simulation numérique, SimforHealth a pu présenter sa plateforme, MedicActiV (voir What’s up Doc n° 26), qui permet de concevoir ses propres cas cliniques virtuels et de les diffuser. L’occasion également de découvrir des projets développés localement, comme à Toulouse et à Brest par exemple où les centres de simulation se sont déjà équipés de casques de réalité virtuelle. www.medicactiv.com/fr

Portrait de Sarah Balfagon

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