La santé publique : cette spécialité méconnue

C'EST UNE SPE CHOISIE TOUJOURS DANS LES DERNIERES... ET POURTANT MISE EN AVANT DEPUIS UN AN AVEC LA GESTION DE LA CRISE SANITAIRE DE LA COVID-19. LES MEDECINS DE SANTE PUBLIQUE RACONTENT A QUOI RESSEMBLE LEUR QUOTIDIEN. 

Souvent méconnue, la santé publique offre un panel assez large des pratiques de la médecine. « Choisir la santé publique, c’est d’abord choisir une thématique », explique Julien, médecin de veille sanitaire. « On peut faire de la prévention, de la recherche ou encore de l’humanitaire à l’autre bout du monde. C’est assez large. » Le Collège de liaison des internes de santé publique (Clisp) ajoute qu’il s’agit d’une spécialité transversale où le médecin s’occupe « de soigner le groupe et non plus l’individu ». De fait, être médecin de santé publique, c’est pouvoir s’occuper des grandes orientations politiques, de la mise en place de projets de santé ou encore d'actions fondées sur la réduction des inégalités. « C’est aussi l’occasion d’avoir un vrai impact sur la population », continue Julien. Cette pratique de la médecine, encore peu connue, a fait son entrée dans l’actualité avec la Covid-19.

« L’impact des médecins de santé publique s'est fait sur plusieurs niveaux, détaille Loïc Josseran, vice-président de la Société française de santé publique (SFSP) et représentant du Collège universitaire des enseignants de santé publique (Cuesp). On nous a vus dans la recherche épidémiologique, dans les stratégies vaccinales, dans les bulletins des chiffres Covid mais aussi dans l’organisation des transferts des patients entre régions. » Au delà de la gestion de la crise sanitaire, les médecins de santé publique sont aussi ceux qui organisent et émettent des recommandations sur l’organisation des soins en France. « Nous sommes là pour faire le pont entre l’organisation d’une action et le terrain », souligne Sander de Souza, président du Clisp.

« Par exemple, sur les prévisions des lits de réanimation alloués aux malades Covid. Ce sont les médecins de santé publique qui font les prévisions sur le nombre de places restantes et à venir dans les jours qui viennent », ajoute de son côté Loïc Josseran. Moins visibles que certaines autres spécialités, les médecins de santé publique peuvent aussi intervenir dans les centres de soins en France comme à l’étranger. « Pendant l’internat, j’ai découvert une spécialité qui permet d’évoluer et de bouger assez facilement, continue Julien. J’ai commencé dans un centre antipoison, puis j’ai fait un internat dans un centre international de recherches avec des équipes de l’OMS, avant d’enchaîner sur des études au Québec… J’ai vraiment eu une approche très diverse de la médecine et j’ai adoré. »

C’est aussi une spécialité qui est perçue comme plus « safe », moins hétéronormée. « Le rapport au corps est différent, les profils des médecins en santé publique sont plus diversifiés et la hiérarchie est moins présente », continue Julien. Tous insistent sur le sujet de sliens aux patients : « Ce n’est pas que l’on n’aime pas soigner, souligne Loïc Josseran, c'est juste que nous avons une approche plus macro. Et c’est un métier dans lequel on peut se renouveler en permanence. »

Portrait de Elodie HERVE

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