Julieta Quesada, urgentiste sur l’émission « The Island »

« On a dû tenir pendant cinq jours avec moins d’un verre d’eau quotidien par personne »

Ça y est, la production de l’émission « The Island », sur M6, est à la recherche d'un médecin à envoyer dans la jungle pour la saison 3. Julieta Quesada, jeune urgentiste strasbourgeoise, a été médecin de l’île des filles dans la saison 2, et a accepté de nous faire un retour d’expérience.


Diffusée pour la première fois en 2015, l’émission « The Island » met en scène des groupes de participants doivent survivre par eux-mêmes dans la jungle pendant 28 jours.


What’s up Doc. Hello Julieta, pouvez-vous nous raconter un peu comment tout ça a commencé ? 

Julieta Quesada. Je me suis inscrite au casting de la saison 2 par défi. J’ai été prise presque tout de suite. Comme je l’ai su trois mois à l’avance, ça m’a permis de m’entraîner. J’ai essayé de lire tout ce que je pouvais, même de faire du feu dans mon appart’ !

WUD. Vous vous êtes donc formée toute seule pour l’émission ? 

JQ. (Rires). Heureusement, non. Une semaine avant le début du tournage, nous avons été réunies pour la visite médicale. Toute une batterie de tests a été effectuée, dont des analyses sanguines classiques et des tests d’endurance ! Nous avons également tous suivi une formation au secourisme avant le tournage. Dans le scénario imaginé par la prod’, personne ne se connaissait, nous n’avions donc pas le droit de communiquer. Pour éviter tout indice, nous n’avions même pas l'autorisation de nous parler et on nous avait attribué des couleurs pour nous nommer. On était encadrées comme des prisonnières avec des gens qui vérifiaient qu’on ne s’adressait pas la parole. J’ai dû également jouer les candides en secourisme pour que personne ne se doute que j’étais médecin. J’étais tellement convaincante que quand nous avons découvert nos identités, personne n’avait découvert ma profession ! 

WUD. Juste du secourisme ? Heureusement que vous aviez appris la survie dans votre salon. 

JQ.  Oui, mais on ne nous a pas lâchées dans la jungle sans deux ou trois conseils quand même. La veille du tournage, on a atterri à Panama City, et on a passé une journée complète avec Mike Horn (présentateur de l'émission, ndlr) et une survivaliste qui travaillait avec la prod’. Là, ils nous ont expliqué, en théorie, comment attraper un caïman ou faire du feu, bref les bases indispensables de la survie… avec interdiction de s’entraîner avant. 

WUD. Ouahou, vous étiez bien équipées pour la survie en milieu hostile. Vous aviez un vrai stéthoscope ou on vous a donné une feuille de bananier à rouler et débrouille-toi ?

JQ. Non, quand même, dans ma trousse j’avais un stéthoscope, un vrai, de l’adrénaline en cas de choc anaphylactique, un tensiomètre, un petit kit de suture. J’ai également insisté pour qu’on ait de la crème solaire, des ovules gynécologiques, et des antibiotiques pour les cystites. Bref, de quoi parer aux soucis en attendant les secours si besoin.
 

L’équipe des filles fait son tout premier feu, grâce à une serviette hygiénique.

WUD. Ah, donc vous n’étiez pas la seule médecin de l’émission ! 

JQ. Ah non, non. On était toutes seules la plupart du temps, mais tous les deux ou trois jours, une équipe de trois secouristes situés à dix minutes de l’île en bateau venait vérifier notre état, notre poids, etc. 

WUD. Et les secours ont dû à intervenir durant l’émission ?

JQ. Pas trop, non. Dans l’ensemble, nous n’avons pas eu de souci majeur. Notre plus gros problème s’est posé entre le cinquième et le sixième jour. La prod’ n’avait pas prévu la survenue d’une période de sécheresse en début d’émission, et ne nous avait laissé que 35 litres d’eau pour quinze. Nous étions censées trouver des flaques d’eau douce un peu partout dans l’île, sauf que lesdites flaques étaient toutes à sec à cause des fortes chaleurs. On a dû tenir pendant cinq jours avec moins d’un petit verre d’eau quotidien par personne. Par 40°C, je vous laisse imaginer que c’était un peu rude. 

WUD. Mais personne n’a alerté les équipes d’M6 ?

JQ. Au bout du cinquième jour, j’ai appelé la prod’ pour leur dire que si on n’avait pas d’eau d’ici le lendemain, il faudrait stopper tout car on risquait de mettre la santé des participantes en danger. Ça faisait des jours qu’ils nous encourageaient à chercher les fameuses flaques, sans imaginer que toute l’eau s’était évaporée. Tout le monde était à bout… Heureusement, le sixième jour, la pluie est enfin tombée. On a appris par la suite qu’ils avaient prévu, si la pluie n’arrivait pas, de venir discrètement remplir une flaque avec de l’eau potable.

WUD. Ça n’a pas l’air d’avoir été une partie de plaisir. Vous le referiez si on vous proposait ?

JQ. Sans hésitation. J’ai beau avoir perdu 13 kilos, être descendue à 2,7 de taux de potassium, avoir eu des paralysies dans les mains à mon retour, avoir vraiment flippé en voyant mes résultats d’analyses… l’expérience valait le coup. Si on me proposait un poste de médecin, j’accepterais sûrement, mais je préfèrerais exercer pour la prod’ sur une émission comme Koh-Lanta…

——————————————————————————————————

Anecdotes de tournage

Pendant la seconde semaine, la jeune urgentiste explique que le groupe s’est retrouvé face à des narcotrafiquants. La faim et la soif ayant commencé à sérieusement entamer le moral des candidates, elles ont cru dans un premier temps avoir affaire à des voleurs de noix de coco. Julieta a raconté à What's up Doc que dans l'espoir de trouver quelque chose à manger, elle était partie à la rencontre de l’un des trafiquants pour lui demander des chips. Ayant fait chou blanc, elle lui a demandé d’en rapporter à son prochain passage… qui, du fait de la présence de gardes-côtes, n’a bien sûr jamais eu lieu. L’île choisie par la production étant en effet un repère de passeurs de drogues, les candidates ont appris après l’émission que l’île des filles faisaient l’objet d’une surveillance constante de la part des autorités.

Source: 

Johana Hallmann

Portrait de Guillaume de la Chapelle

Vous aimerez aussi

Ciné week-end: Les Démons, de P. Lesage (sortie le 14 septembre 2016)
Critique de "Du miel plein la tête" de Til Schweiger (sortie le 20 mars 2019). 
Critique de "100 kilos d'étoiles", de Marie-Sophie Chambon (sortie le 17 juillet 2019). 

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.