Jeunes médecins :

Grève des

Les conservateurs anglais veulent réformer le contrat de travail des médecins en début de carrière. Le deal ? Une augmentation du salaire de base contre une réduction des plages horaires payées en heures sup. Une proposition qui ne passe pas du tout chez les jeunes médecins.

 

La première grève des médecins depuis 1975. Voilà la menace qui pèse sur le gouvernement anglais depuis qu’il tente d’imposer un nouveau contrat aux "junior doctors". Une menace en passe d’être mise à exécution : les jeunes médecins ont prévenu hier qu’ils cesseraient le travail pour 24 heures mardi prochain, puis pour 48 heures le 26 janvier, et enfin une troisième fois le 10 février. Un mouvement qui s’annonce très suivi.

La catégorie de "junior doctor" en Angleterre recouvre des situations variées. On y trouve des praticiens tout juste diplômés (en 6e année) mais aussi des "trainees" qui peuvent avoir plus de 10 ans d’expérience professionnelle derrière eux. Les "junior doctor" représentent environ un tiers de la profession en Angleterre.

Négociations tendues

Le gouvernement conservateur, voulant à la fois faire des économies et étendre les horaires d’ouverture des structures de soins, tente depuis plusieurs mois de modifier le contrat qui lie les "junior doctors" au National Health Service (NHS), le système de santé public anglais largement majoritaire outre-Manche.

Des négociations tendues se déroulent sur le sujet depuis plusieurs mois. La dernière proposition de Jeremy Hunt, le secrétaire à la santé, consistait à réduire les plages horaires payées en heures supplémentaires et à étendre le travail de week-end, en échange d’une augmentation de salaire de base de 11%.

Sécurité des patients

D’après la BBC, cela permettrait aux trois quarts des "junior doctors" de gagner (un tout petit peu) plus, et ne pénaliserait financièrement qu’une fraction minime des jeunes médecins. Mais pour la British Medical Association (BMA), c’est « no way ». Selon le syndicat, le problème n’est pas uniquement financier : il concerne aussi la sécurité des patients.

« C’est parce que les propositions du gouvernement seraient mauvaises pour les patients aussi bien que pour les "junior doctors" que nous prenons cette décision », a indiqué le leader de la BMA, le Dr Mark Porter, pour justifier la grève dans une vidéo diffusée elle aussi par la BBC. Le raisonnement est connu : des “junior doctors" travaillant encore plus le week-end seraient encore plus fatigués, ce qui n’est bon pour personne.

Si l’on en croit le site Politico, le canal des négociations reste ouvert et la grève pourrait être annulée à la dernière minute. Les "junior doctors" anglais auront-ils finalement gain de cause ? La réponse interviendra dans les prochaines semaines. Elle intéressera tout particulièrement les internes français, qui se trouvent dans un conflit similaire sur leur propre temps de travail.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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