Japon : à armes égales, les femmes réussissent mieux

L’année dernière, plusieurs universités japonaises avaient reconnu qu’elles abaissaient les notes des jeunes femmes pour limiter leur proportion dans les promos. L'équité a été rétablie, et lorsque les résultats du concours d'entrée en médecine ne sont pas trafiqués, les candidates font mieux que les hommes.

Petite revanche pour les étudiantes en médecine japonaises. Alors qu’elles ont été sanctionnées au concours d’entrée pendant de nombreuses années parce qu’elles étaient des femmes, certaines universités ont décidé de rétablir l’équilibre femmes-hommes. Et lorsqu’elles sont sur un pied d’égalité, elles font mieux que leurs homologues masculins.
 
La faculté Juntendo de Tokyo a publié les résultats d’admission : sur 1679 femmes, 139 ont été admises en faculté de médecine. Chez les hommes, c’est 170 sur 2202. En faisant les comptes, cela fait donc un taux de réussite de 8,28 % pour les femmes, et 7,72 % (seulement !) pour les hommes.

Les hommes n’étaient pas prêts

Ce serait la première fois depuis sept ans que les femmes réussissent mieux que les hommes, d’après le quotidien nippon The Asahi Shimbun. Juntendo faisait en effet partie des universités épinglées l’année dernière pour trafic de notes. Elle avait en effet appliqué un gentil petit coef « femmes » (et doublants), défavorable bien entendu, pour éviter d’avoir trop de femmes dans les promotions de ces dix dernières années.
 
Dans un premier temps, le doyen s’était justifié en expliquant que ce coefficient était un moyen de compenser le fait que les femmes sont matures plus tôt que les hommes, et qu’à cet âge, ces derniers sont donc défavorisés. Les p’tits choux ! Ils seraient aussi plus facilement éblouis par le soleil dans les yeux. Autre justification : les femmes abandonnent médecine en cours de route ou après la fin des études pour se reconvertir en mères. Il était donc important de limiter leur nombre dans les facs de médecine, pour ne pas former à perte…
 
Les universités concernées tentaient de maintenir une proportion de femmes réduite dans les promos, et adaptaient donc les notes en fonction. Au Japon, en 2016, moins d’un médecin exerçant sur quatre était une femme, le taux le plus faible des membres de l’OCDE.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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