Ianesthesie, la consult en anest' numérique et intelligente débarque

Vous en avez marre de ces consultations papier en anesthésie, qui se perdent ? Un jeune anesth', Yassine Moussali, va lancer officiellement le 19 septembre prochain lors du congrès de la SFAR, ianesthesie.com, une appli de consultation numérisée, enrichie par l'intelligence artificielle. Changement d’époque... 

« Pendant mon internat, j’ai fait fait des consultations en anesthésie, et partout je me suis rendu compte que les consult' étaient papier, se perdaient, n’étaient pas standardisés… », se rappelle avec effroi Yassine Moussali, anesthésiste fraichement thésé de 33 ans. « J’ai donc décidé de consacrer ma thèse au sujet. » C’est de là que lui est venue l’idée d’appliquer un peu d’intelligence artificielle au processus de consultation en anesthésie, pour rendre cette étape plus simple. En début d’année, Yassine présente, noir sur blanc, son projet d’IA appliqué à la consult en anest’ au concours de la BPI. « Nous n’avons rien gagné, mais cela m’a permis de murir mon sujet ».
Et d’entrainer dans l’aventure un ami d’enfance, David Chauderge, en juin. Une arrivée bienvenue, puisque David, ingénieur de formation, s’est décidé à « prendre en charge la partie business, et les levées de fond », précise Yassine. C’est en mars dernier que Yassine a déposé les statuts de sa société, intelligence anesthesia. Et en avril, « nous sommes rentrés dans le code, avec une équipe de trois développeurs. Je m’y connais un peu mais j’avais réellement besoin pour ce projet de me faire aider », détaille Yassine.

Quelques mois plus tard, en juillet, la solution est en ligne : ianesthesie.com. « C’est une solution en SAS.  Dans un premier temps, l’anesthésiste fait remplir au patient un pré-questionnaire numérique avant l’intervention. Les réponses du patient sont envoyées sur le cloud, ianesthesie précharge une consultation qui prend en compte les règles du métier tandis que l’intelligence artificielle permet de prédire la consultation, avec tous ses paramètres. L’anesthésiste gagne du temps, car il n’a pas à poser de nouveau les questions et cela permet de valoriser la relation patient-soignant », détaille Yassine. Grâce aux «prédictions » de l’IA quant à la consultation, le contact avec l’ordinateur est réduit : « Nous passons de 150 clics à une vingtaine de clics… Pour enrichir l’IA, nous nous servons de la base de données SNOMED-CT (SNOMED CT® comporte plus de 350 000 concepts cliniques, NDLR) », ajoute Yassine. 

ianesthesie.com sera officiellement présenté le 19 septembre prochain au congrès national d’anesthésie et de réanimation de la Sfar. S’il n’a pas pour le moment fait l’objet d’une diffusion à grande échelle, ianesthesie a suscité l’intérêt de l’hôpital Necker. Reste à le commercialiser. « Nous avons imaginé une commercialisation en deux temps. D’abord nous nous adresserons aux anesthésistes, en leur proposant un abonnement mensuel de 15 euros pour le public et 25 à 30 euros pour les privés. Puis dans un deuxième temps, nous nous adresserons aux établissements pour leur proposer des abonnements grands compte. »  Yassine, qui a choisi d’exercer comme remplaçant, nourrit de grands espoirs pour sa start-up : « Il n’y a actuellement aucune application IA pour la consultation en anest’. Nous sommes les seuls. »

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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