Grand débat : « On voulait entendre la population sur les urgences »

L'Amuf a organisé son grand débat
L'Amuf a organisé son grand débat

L’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a organisé un débat sur les urgences à la mairie du Xe arrondissement. Il a réuni élus, médecins et citoyens autour d’idées pour améliorer les soins non-programmés.
 

« Les urgences, c’est le miroir grossissant de tous les problèmes de la médecine », a rappelé comme à son habitude le porte-parole de l’Amuf, Christophe Prudhomme. Comme d’autres – organisations, collectivités, particuliers –, l’association des urgentistes a organisé son débat perso, dans le cadre du grand débat national, avec le soutien logistique d’Alexandra Cordebard, maire socialiste du Xe arrondissement de Paris.

Personnes âgées isolées

« On voulait entendre la population sur les urgences, car ça la concerne énormément », justifie Patrick Pelloux, président de l’Amuf, contacté par What’s up Doc. Et du citoyen, il y en avait un peu au débat. Sur une soixantaine de personnes présentes, environ 10 % étaient médecins, et une fois les directeurs d’établissements de santé, les autres administratifs, et les représentants de maison de retraite et les élus mis de côté, il restait tout de même quelques anonymes motivés.
 
Parmi eux, « des personnes âgées, qui témoignent de la difficulté d’être pris en charge aux urgences », commente Patrick Pelloux. « Une amie de la dame décédée il y a quelques semaines aux urgences de Lariboisière était aussi présente ».

Sortir les urgences des urgences

Concernant les discussions, la qualité était au rendez-vous, estime le président de l’Amuf, « dans un climat ni passionné, ni agressif ». « Sur le diagnostic, tout le monde était d’accord », poursuit-il. À savoir que le système était bon, mais devenait très inégalitaire en termes d’accès aux soins, avec, bien entendu, de graves problèmes de financement. Sans oublier les problèmes de formation et de management dans les hôpitaux.
 
Sur les solutions, les propositions ont tourné autour de la manière de faire sortir les urgences des urgences – les petites, au moins – et donc sur le lien entre la médecine hospitalière et la médecine de ville. « Il y a une volonté de créer et de faire fonctionner ces centres, peu importe leur nom – maisons de santé, centres de soins non programmés, maisons médicales de garde… Ce que veulent les gens, c’est une alternative ! Une femme présente dans la salle venait de Limoges. Et pour elle, impossible de trouver de médecin de garde ».
 
Petit retour sur la « catastrophe » de la fin des astreintes obligatoires pour les médecins de ville de la part de Patrick Pelloux, et quelques questions sur des conditions à l’installation, tout de même. D’autres ont même proposé une taxe sur les industriels du médicament…

OK, et maintenant ?

Mais l’essentiel des propositions concernait l’utilisation de l’Article 51, consacré au financement de solutions innovantes, avec une affinité pour la création de maisons de santé ouvertes tous les jours de 8 heures à 22 heures.

« Maintenant, la question, c’est de savoir ce que ces propositions vont devenir », explique Patrick Pelloux. « À mon avis, le gouvernement va être pris au piège ». S’il ne se passe rien en aval, la population risque d’être déçue, estime-t-il.
Comme les autres contributeurs, l’Amuf a fait remonter les propositions via la plateforme du grand débat, par écrit. 
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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