Généraliste et éco-responsable : c'est possible (mais pas facile) !

De plus en plus de  généralistes se demandent comment réduire l'empreinte écologique de leur cabinet. Des produits à usage unique au recyclage en passant par la prescription, What's up Doc fait le point avec ceux qui essaient de concilier écologie et pratique de la médecine.

Les draps d'examens. Les abaisse-langues. Les embouts en plastique pour le thermomètre. Et du papier, beaucoup de papier. La médecine générale est une activité comme une autre : elle produit une quantité phénoménale de déchets. Une situation que certains espèrent bien faire changer : les initiatives visant à verdir la pratique médicale se font de plus en plus visibles ces derniers mois.
A titre d'exemple, on peut citer le « casse-tête » (un brainstorming informel sur le net) organisé le 23 janvier dernier par le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) et intitulé « Pratique écologique de la médecine ? ». Une demi-douzaine de jeunes MG y ont discuté à bâtons rompus pendant une soirée de leurs pratiques et de leurs questionnements en la matière.
Mais ce n'est pas tout. Sur internet, des sites conçus par des généralistes afin de conseiller leurs confrères sur la gestion durable du cabinet sont apparus. On ne saurait trop conseiller aux praticiens intéressés d'aller faire un tour sur Santedurable.net ou Doc-durable.fr, tous deux élaborés par de jeunes médecins dans le cadre de leur travail de thèse.

Recyclage et dé-prescription à l'ordre du jour

Premier constat en parcourant ces sites : réduire l'empreinte environnementale de la médecine générale n'a rien de facile. « Nous avons des normes d'hygiène et de qualité qui sont essentielles, et qui mettent beaucoup de contraintes », explique le Dr Julie Legrand, qui a réalisé Santedurable.net. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne peut rien faire.
Le premier conseil de cette jeune généraliste francilienne est de se renseigner sur le tri des déchets dans son secteur : peut-on y recycler des draps d'examens ? Des papiers de nature parfois confidentielle ? Les pratiques du tri varient localement, et la réponse dépend donc du lieu d'exercice.
Autre levier d'action : les prescriptions. « On prescrit parfois une prise de sang pour se rassurer ou pour rassurer le patient, alors que cela a un coût financier et écologique », remarque Julie. En plus d'être bonne pour la santé des patients et celle des finances publiques, la dé-prescritpion serait donc bonne pour la planète.

Le bon vieux stérilisateur des familles

Il y a aussi la grande question de l'usage unique : celui-ci s'est développé dans les cabinets sous la double pression de l'hygiène et des finances, mais il y a d'autres manières de faire. Marion, généraliste dans l'agglomération lyonnaise, explique par exemple que sa MSP « réfléchit à l'achat d'un stérilisateur pour le matériel comme les spéculums ».
Et ce n'est pas tout. « Nous sommes en train de faire pression sur la copro pour qu'ils installent un abri à vélos », indique la Rhodanienne. Une manière d'inciter le personnel de la MSP, mais aussi les patients, à utiliser les fameuses « mobilités douces ».

Le plan « Ma Santé 2022 » muet sur l'écologie

Reste à savoir si Marion et Julie sont des cas isolés, ou si elles annoncent au contraire une tendance vers une médecine générale plus verte. « Je ne pense pas que nous soyons seuls, beaucoup de gens commencent à changer leurs habitudes, estime la première. La question du développement durable n'est pas évoquée dans le plan Ma Santé 2022, donc c'est mal parti », regrette pour sa part la seconde.
Celle-ci note toutefois que le changement pourrait être inconscient. « Beaucoup de gens se mettent à faire des choses durables sans même s'en rendre compte », remarque-t-elle. Pas sûr cependant que l'on puisse faire confiance aux Monsieur Jourdain de la médecine pour changer les choses.
 
 

Portrait de Adrien Renaud

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