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Les plus grands laboratoires français Sanofi, Servier, Ipsen, LFB, Pierre Fabre et l’acteur majeur du secteur ophtalmique Théa, tous membres du centre de réflexion G5 Santé, « ont décidé d’être à l’initiative de la création prochaine d’un nouveau syndicat de l’industrie pharmaceutique en France », selon un communiqué conjoint de ces sociétés.
Le nouveau syndicat professionnel, qui n’a pas encore de nom ni de statuts, engagera « un dialogue constructif avec les autorités françaises et européennes » pour faire valoir « l’innovation et la souveraineté sanitaire françaises », soulignent les sept entreprises dissidentes, qui tirent une part conséquente de leurs revenus de l’international.
La future organisation se dit prête à accueillir d’autres entreprises pharmaceutiques disposant de médicaments innovants, ayant au moins un site de production industrielle et/ou des activités de recherche et développement (R&D) en France, et soutenant la prise en compte de l’implantation industrielle française dans les politiques publiques.
Bataille géopolitique
Sans critiquer ouvertement le Leem, ces sociétés rappellent que près de « 40 % des médicaments approuvés ces dernières années en Europe ne sont pas disponibles en France ». Elles soulignent ainsi les enjeux d’accès aux traitements et de compétitivité industrielle face à la montée en puissance de la Chine et à la stratégie américaine mêlant pression sur les prix et captation des investissements.
Lors du débat, à l’automne, sur le projet de budget de la Sécurité sociale, la filière du médicament avait déjà alerté sur un risque de décrochage, pointant notamment une fiscalité jugée trop lourde et des baisses de prix visant le médicament.
L’objectif affiché de cette nouvelle structure « plus resserrée » est de gagner en « agilité » et en influence auprès des autorités, selon plusieurs laboratoires interrogés par l’AFP.
Fragilisé mais toujours majoritaire
Le président du Leem, Thierry Hulot, également président du groupe Merck en France, a déploré cette initiative, estimant qu’elle risquait « de ne pas aider les patients » dans un contexte où « le médicament est devenu un enjeu géopolitique ».
Le Leem, qui rassemble près de 280 entreprises allant de la PME à la multinationale, « est toujours en train de trouver le consensus ou la synthèse. Et là, certains se sont dit peut-être que si on se défend nous-mêmes, on obtiendra plus », a-t-il déclaré, soulignant qu’« après ces quelques départs, le seul syndicat représentatif de cette industrie, qui représente 80 000 collaborateurs et à peu près 260 usines, comptera toujours environ 260 à 270 adhérents ».
Parallèlement, l’association Amlis, qui regroupe une cinquantaine de PME et d’entreprises de taille intermédiaire françaises du secteur de la santé, se désolidarise elle aussi du Leem. Dans son propre communiqué, elle annonce réfléchir à « une structuration en syndicat » afin de « mieux défendre » ses intérêts.
En dehors des membres du G5 Santé et de l’Amlis, les laboratoires Biocodex et Upsa ont également décidé de quitter le Leem, « considérant que les arbitrages collectifs au sein du Leem ne permettaient plus de défendre avec suffisamment de clarté les enjeux spécifiques liés aux médicaments essentiels du quotidien ».
Avec AFP
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