Formation des internes en chirurgie : quels financements sans l’industrie ?

Un nouvel amendement empêche désormais l’industrie de santé de participer aux frais d’hospitalité des internes en santé pour les réunions à vocation scientifique. Cette mesure a et aura des conséquences financières dramatiques sur l’organisation de congrès, de séminaires et de formations théoriques et pratiques de qualité, dénoncent plusieurs associations d’internes en chirurgie.
 

Tout est parti d’un amendement à l’article 1453-7 du code de la santé publique qui empêche désormais l’industrie de santé de participer aux frais d’hospitalité des internes en santé pour les réunions à vocation scientifique. Conséquence directe :

« L’ensemble des partenaires industriels nous font part de leur décision définitive de suspendre tout projet de formation en partenariat avec nos associations », déplorent plusieurs associations d’internes (1) soutenus par des sociétés savantes (Académie nationale de chirurgie…) et des collèges, dans un communiqué commun daté du 4 octobre.

D’un côté, les auteurs du communiqué considèrent que la décision du gouvernement de limiter « l’ingérence » de l’industrie de santé dans la formation des internes en médecine est «légitime ». D’un autre côté, ils rappellent les difficultés financières auxquelles doivent faire face le service public hospitalier français et les universités, en particulier les UFR de médecine.

Conséquences désastreuses 

Les conséquences de cet amendement seraient « dès à présent désastreuses ». Depuis la rentrée, « on ne compte plus les congrès et séminaires annulés pour l’ensemble des spécialités chirurgicales dans toute la France. Les internes travaillent beaucoup, ils sont payés peu... Permettons-leur de participer, avec les moyens qui sont les leurs, à cette belle communauté de science médicale qui nous unit », poursuit le communiqué.

Et d’ajouter que l’industrie de santé joue un rôle prépondérant dans l’organisation des formations théoriques et pratiques de qualité pour les internes, ce qui leur offre l’opportunité de poursuivre leur formation auprès d’experts reconnus.

À titre d’exemple, la formation procédurale des internes de chirurgie « impose l'utilisation de dispositif médical implantable dans parfois plus de 50 % des actions de simulation, sans parler des assistances techniques, qu'aucune Université ne peut régulièrement organiser ni financer dans le cadre des programmes de formation », indique le communiqué.

Quelles solutions alternatives ?

Or, si l’on tient compte du fait que les maquettes imposent le recours à la simulation dans le cadre de la réforme du 3e cycle, cela signifie que cet amendement « met à mal une majorité de ces actions de formation procédurale dès lors qu'elles ont une dimension interrégionale ou nationale », assène les associations d'internes en chirurgie qui estiment que l’ouverture à la formation aux congrès internationaux est indispensable pour l’acquisition des connaissances et des compétences des étudiants.

Telles sont les raisons pour lesquelles les associations concernées demandent une ouverture des discussions pour tenter de trouver des solutions alternatives.

Et de conclure : « Il est urgent de définir ensemble quelles entités doivent prendre le relai des financements de cette vie médicale fondée sur la transmission intergénérationnelle. Les pistes de financement sont multiples mais nécessitent une instruction juridique qui, dans l'idéal, devrait être portée par nos universités, sociétés savantes et collèges pour cadrer nationalement les frontières du "juridiquement possible". »

1 : Conseil National des Jeunes Chirurgiens (CNJC), Association Française des Urologues en Formation (AFUF), Association française des Chirurgiens Pédiatres en Formation (ACPF), Association Nationale des Internes en Chirurgie Orale (ANICO)…
 

Portrait de Julien Moschetti

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