Être influenceur santé, ça veut dire quoi ?

Le temps d’une soirée organisée par RCA Factory, des influenceurs santé, médecins, patients et créatrices de contenus, sont venus raconter pourquoi ils se sont lancés sur Instagram, YouTube ou TikTok. 

Charlène, alias Kangouroo girl, s’est emparée d’Instagram après une erreur chirurgicale. “Je me suis retrouvée avec une stomie et ça a questionné mon rapport au regard des autres et à moi-même", raconte-t-elle. Pour réussir à reprendre le contrôle de son quotidien, elle commence à le raconter. Peu à peu, elle se reconstruit, avance et lance même sa propre marque de poche à stomie. “Le premier post m’a libéré et les retours positifs m’ont encouragée à continuer.”  
 
Antoine alias Cerveau Musclé est lui kiné youtubeur. Il a lancé sa chaîne pour faire de la vulgarisation scientifique. “Je m’occupe du montage, de la recherche mais aussi de la publication. Au début c’était juste des conseils de musculation, mais j’ai suivi les conseils d’une amie et maintenant je parle aux patients comme aux médecins sur des points très précis.” 
A ces côtés, Mirama alias Stayapanda Study, étudiante en 6e année de médecine à Paris, raconte l’envers du décor depuis 2018 sur Instagram. Les stages, les réveils fatigués mais surtout les révisions. Encore et encore. “L’idée est de donner des conseils, comment se préparer, gérer le stress, se motiver. Globalement, je réponds à toutes les demandes des étudiants, et je suis même suivie en Belgique et en Suisse.” Entre deux photos stylisées de livres et de cahiers, elle raconte les messages de plus en plus nombreux qu’elle reçoit. Des messages bien intentionnés et cette communauté qui grandit de jour en jour. “Je reçois aussi de plus en plus de personnes qui me demandent des conseils de santé. Pour le coup, ces demandes-là, je n’y réponds pas. Je suis encore étudiante, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre.”
À cette table ronde virtuelle, tous les influenceurs racontent à quel point Instagram leur a permis de reprendre le contrôle sur leur vie, leur image et de trouver une bienveillance au sein de leur communauté. “Ce n’est pas tout rose non plus, ajoute Julie alias La fille qui a des tâches. Instagram censure certaines de mes publications.” Dans un débit rapide elle décrit son corps recouvert à 80% par des angiomes.  “Je m’assumais déjà avant, ça m’a juste aidé encore plus. Mais clairement, si je n’étais pas armée pour aller sur Instagram, je n’y serais pas allée.”
 
Raconter son quotidien, vivre avec une différence et en faire une force est aussi le choix de Roro Le Costaud. “Après un accident je me suis retrouvé en fauteuil, se souvient-il. Et j’ai voulu acheter du matériel pour faire du sport. Sauf que les équipements pour le handisport sont très coûteux. J’ai donc lancé une chaîne TikTok pour récolter des fonds.” Depuis, sa chaîne cartonne et il y parle de son quotidien de papa et de son handicap.”
 Des réussites et des reconstructions qui ont été permises grâce aux réseaux sociaux. Et aujourd’hui tous ces influenceurs appellent à changer le regard sur les corps et les maladies. 
 
Le replay de cette table ronde est disponible sur Facebook.

Portrait de Elodie HERVE

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