Droit au remord : quand les internes peuvent changer leur fusil d’épaule

Choisir sa spé et puis en changer. C’est le principe du droit au remord, désormais appelé droit au changement de subdivision. Entretien avec Franck Rolland, vice-président qualité de vie à l’ISNI, qui a lui-même fait ce changement. 

Un choix important, mais pas gravé dans le marbre. A l'heure du choix des spés pour les futurs internes, parlons d'un droit qui pourra peut-être en rassurer certains. Le droit au remord est une modalité qui permet à un interne qui a choisi une première spé de changer selon certaines conditions :

  • L’interne doit être suffisamment bien classé dans la ville de sa spé actuelle pour celle qu’il souhaite choisir ;
  • Et cela ne peut être fait que jusqu’au 4ème semestre. 

« Il est précisé 4 semestres maximum, mais c’est en réalité une vingtaine de mois car il faut faire sa demande soit en juin soit en décembre », précise Franck Rolland. Autre élément, le droit au remord ne peut être exercé qu’une fois.  

Le choix de la spé peut être un casse-tête, surtout si l'on n'est pas 100% sûr de son choix. « Si dès le départ on hésite entre deux spés, il vaut mieux choisir une ville où avec son classement on a accès aux deux », ajoute Franck Rolland. « Je leur conseille de ne pas se précipiter et d’au moins faire 3 semestres en entier pour être sûr que ça ne leur convient pas. Sauf en cas de raisons immédiates et solides qui font que l’on est certain de son choix. Mais si on hésite entre deux spés, on peut se laisser un ou deux semestres pour tester la première et s’assurer qu’elle ne nous convient pas ou encore faire un semestre dans la spé qu’on voudrait pour s’assurer que cela nous plait ».

Ainsi conforté dans sa décision, on passe à la demande officielle. « Ensuite, l’ARS demande de solliciter le coordinateur de la spé d’accueil, pour avoir son avis sur les semestres déjà réalisés qui seront ou non validés. Il peut en valider certains et d’autres non ».

Comment ça se passe ? « Le changement se fait en même temps que tout le monde, lors d’un semestre. Quand on arrive en cours d’année, ça peut être un peu rock’n’roll au départ. »

Franck Rolland a lui-même bénéficié de ce droit pour passer après 4 semestres de médecine générale à la psychiatrie. « J’hésitais depuis le début, à la sortie du concours des ECN, j’étais suffisamment bien classé pour avoir les deux à Paris. J’ai fait un choix logique, j’avais un intérêt à commencer par médecine générale au cas où ça me plairait, quitte à développer une branche psy. Et si je changeais d’avis, le passage serait plus facile. J’ai pris 3 semestre et demi pour me décider et j’ai eu la chance de passer un semestre en psy et de confirmer mon choix. Ce n’était pas une décision facile. En médecine, on ce souci de devoir faire le bon choix, on est conditionné comme ça », se souvient Franck Rolland. Aujourd’hui, l’interne ne regrette absolument pas ce choix de parcours, qui lui a permis de trouver son épanouissement professionnel.

 

Source: 

Article R632-11du code de l'Education

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