Devine qui a relu ta publication

La relecture par les pairs (peer-review) avant publication est anonyme ; l’auteur ne sait donc pas qui a critiqué son article. Une pratique… honteuse !

Avant toute publication, le rédacteur en chef d’un journal et son comité de rédaction sollicitent des avis d’experts (ou reviewers). Ceux-ci motivent l’acceptation ou le refus des manuscrits, mais il n’est pas dans les habitudes de dévoiler l’identité de ceux qui les ont émis. Ne doit-on pas s’en émouvoir ?

La communauté scientifique est attachée à cette pratique, mais ses dérives sont pourtant nombreuses. Il n’est en effet pas aberrant d’imaginer que le processus de review permette à ceux dont c’est la mission de « glaner » de-ci de-là des idées d’autres équipes, voire de retarder leurs publications. Ce sont des conflits d’intérêts non financiers, dont personne ne semble se préoccuper.

Le seul avantage de l’anonymat est qu’il offre une opportunité aux plus jeunes de critiquer leurs aînés. Mais cela ne suffit pas ! Comment justifier un peer-review anonyme quand la transparence devient la norme ?

Heureusement, des groupes comme BMJ, Plos, BMC et la revue eLife1, leaders du peer-review ouvert, rendent public le travail des reviewers. Des relecteurs, des rédacteurs de revues publient en ligne les avis de relecteurs, par exemple sur www.publons.com. C’est une pratique sans doute plus transparente et contrôlable ; en outre, elle devient ainsi mentionnable dans un CV, un attrait qui ne devrait pas échapper à certains.


NOTE : 1.Slavov N. Making the most of peer review. eLife 2015;4:e12708

Source: 

*Hervé Maisonneuve est médecin, professeur associé en santé publique, avec une activité de formation en rédaction scientifique, et blogueur : www.redactionmedicale.fr.

Portrait de Hervé de Maisonneuve
article du WUD 27

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