Déserts médicaux : près d’1 médecin sur 5 déjà concerné

Les déserts médicaux sont une réalité de plus en plus prégnante : 6 médecins français sur 10 seraient concernés directement par cette problématique (aujourd’hui et dans les années à venir), selon une enquête Egora-Université des déserts médicaux et numériques (Udmn).

Près de 6 médecins français sur 10 seraient directement concernés (aujourd’hui et dans les années à venir) par la problématique des déserts médicaux. C’est ce qu’il ressort d’une enquête Egora-Université des déserts médicaux et numériques (Udmn) *. Publiée ce lundi 16 septembre, cette enquête est un avant-goût de la 2e édition de l’Udmn qui se tiendra les 20 et 21 septembre prochains à Lucenay-les-Aix dans l’Allier.
 
Premiers résultats de l’enquête : sur les 523 médecins interviewés, 17 % exercent déjà sur un territoire dit « désert médical », 29 % dans une zone risquant de l’être d’ici moins de 5 ans, et 11 % à plus long terme.
 
Le sentiment de désert médical est « encore plus prégnant pour les médecins pratiquant dans les communes de moins de 5 000 habitants », puisque 23 % considèrent qu’ils exercent déjà dans un désert médical, contre 4 % dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants.

21 % des patients réalisent un trajet supérieur à 30 minutes

Autre résultat digne d’intérêt : 21 % des patients réalisent un trajet supérieur à 30 minutes pour venir consulter, selon les médecins interrogés. Et, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, « ce sont dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants que le phénomène est le plus important, le score grimpant à 39 % alors qu’il n’est que de 4 % dans les communes de moins de 5 000 habitants », indique l’enquête.
 
Les médecins ont également donné leur avis sur l’efficacité des mesures mises en place pour répondre aux déserts médicaux, et assurer ainsi une égalité d’accès aux soins sur tout le territoire. Selon eux, deux mesures seraient particulièrement à mêmes de répondre à la désertification médicale : le renforcement de l’attractivité du métier (hausse du revenu) et les nouvelles formes d’exercice libéral (maison ou pôle de santé), qui ont récolté respectivement les notes de 6,92/10 et de 6,20/10.
 
Six autres mesures suscitent un enthousiasme mitigé : le soutien financier à l’installation dans les déserts médicaux, (4,92/10), le développement des stages de médecine générale (4,66/10), le salariat via les communes (4,41/10), le salariat au sein d’un centre mutualiste (4,23/10), la délégation de tâches vers les paramédicaux (4,09/10) et le développement de la e-santé (4,08/10)…

Non aux assistants médicaux et à la coercition

Il fallait s’y attendre, deux mesures sont loin de remporter l’adhésion des médecins : la mise en place des assistants médicaux (3,34/10) et la coercition à l’installation (2,15/10). Cette dernière recueillant même la note de 1/10 pour plus de 54 % des médecins répondants !
 
L’enquête a également interrogé les médecins sur le développement de la e-santé. Quels dispositifs sont susceptibles d’améliorer ou de faciliter l’accès aux soins sur les territoires sous-dotés en professionnels de santé ? La téléconsultation ? La télé-expertise ? La télésurveillance médicale des patients ?
 
Verdict : c’est la télé-expertise qui suscite le plus d’enthousiasme parmi les médecins. 41 % y voient le dispositif principal à développer, loin devant la téléconsultation en tant qu’outil pour suivre un patient déjà connu (21 %), la téléconsultation en premier recours (16 %) ou la télésurveillance (22 %).

48 % parient sur la e-santé

Enfin, si 48 % des médecins pensent qu’il faut parier sur la e-santé pour résoudre les problèmes de désertification médicale, 33 % pensent le contraire. Ces résultats masquent une profonde disparité de perception qui dépend étroitement du lieu d’exercice. En effet, 60 % des médecins exerçant dans une agglomération d’au moins 200 000 habitants parient sur la e-santé, contre 36 % dans les communes de moins de 5 000 habitants.
 
Selon Guillaume de Durat, président de l’Udmn, « cette différence est tout à fait logique. Elle correspond à la double peine. Les déserts médicaux sont souvent – pas toujours – des déserts numériques… Alors comment la e-santé pourrait-elle être une réponse ? »
 
* La perception des déserts médicaux par les médecins - Enquête réalisée online auprès de 523 médecins exerçant en France, 68 % d’hommes et 32 % de femmes, 66 % exercent en libéral, 58 % étant médecins généralistes, 21 % dans des communes de moins de 5 000 habitants, 22 % entre 5 000 et 20 000 habitants, 27 % entre 20 000 et 100 000 habitants, 10 % entre 100 000 et 200 000 habitants et 21 % au-delà de 200 000 habitants.
 

Portrait de Julien Moschetti

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