Dans les Bouches-du-Rhône, 300 médecins menacent de ne plus travailler les soirs et week-ends suite aux nouveaux tarifs

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La nouvelle convention médicale entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie fait bondir les médecins des centres médicaux à horaires élargis (CHE) des Bouches-du-Rhône. En cause, l’importante baisse des tarifs des consultations sans rendez-vous les soirs et week-ends à compter de janvier 2025. 

Dans les Bouches-du-Rhône, 300 médecins menacent de ne plus travailler les soirs et week-ends suite aux nouveaux tarifs

 Midjourney x What's up Doc 

Les centres médicaux à horaires élargis (CHE) sont presque une spécificité des Bouches-du-Rhône. Sur la soixantaine que compte le pays, 45 sont situés dans le département, ce qui représente environ 300 médecins installés.

Ces CHE sont équipés de petits plateaux techniques qui permettent de faire les premiers gestes d’urgence. Ils fonctionnent tous les jours entre 9 heures et 22 heures, y compris les week-ends et jours fériés. Ils accueillent entre 4 000 et 6 000 patients par jour en consultations non programmées, dont environ un quart en horaires de nuit et week-end. 

Les consultations sans rendez-vous sont actuellement majorées de 35 euros après 20h et de 19,06 euros les dimanches et jours fériés.

Or, avec la nouvelle convention, la majoration ne sera plus que de 5 euros (soirs, dimanches et jours fériés compris) par rapport à une consultation de base en semaine à 30 euros. 

Cette baisse des tarifs (article 50-2) à partir de janvier 2025 fait bondir les médecins des CHE qui se sont rassemblés pour l’occasion afin de faire entendre leur voix et demander une dérogation à l’Assurance maladie. 

« Ces horaires élargis évitent aux patients de reporter leurs soins ou de se rendre dans les services d’urgence du département, déjà largement surchargés et clairement plus coûteux », déplore le Dr Jérémy Chaumoitre.

« Si rien n’est fait, nous allons clairement fermer et ce seront plusieurs dizaines milliers de patients par an qui partiront les soirs et week-ends dans le système de santé du département », met-il en garde. 

Or ce flux est « trop important » et « ne pourra pas être absorbé par les urgences » prévient le Dr Antoine Juhel. 

« Jusqu’à présent, nous n’avions aucun problème à trouver des médecins qui veulent bosser le soir et jours fériés parce que la rémunération était attractive. » Mais « quel médecin voudra venir travailler le dimanche ou le 25 décembre pour 5 euros de plus ? Personnellement, je préfère passer du temps avec mes enfants », commente le Dr Aurore Baudoin-Haloche. 

Une rencontre avec l’Assurance maladie le 2 juillet 

Les représentants des CHE ont rencontré la semaine dernière le préfet de la région Paca, Christophe Mirmand, pour l’alerter sur les risques d’une fermeture des CHE sur la continuité des soins. 

Une première rencontre avec la direction de la caisse départementale d’Assurance maladie est prévue mardi 2 juillet.

De son côté, l’Assurance maladie explique que les majorations actuelles de 35 euros et 19,06 euros « doivent respecter la définition de l’urgence », à savoir « une affection ou la suspicion d'une affection mettant en jeu la vie du patient ou l'intégrité de son organisme ».
En dehors de ces situations, la majoration sera de 5 euros à compter de janvier 2025, tel que proposé par les partenaires signataires de la nouvelle convention.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/consult-longue-60-eu-majoration-des-nuits-et-jours-feries-des-avancees-dans-la-negociation

Il semblerait donc que les CHE vont devoir prouver le caractère urgent des soins qu’ils apportent afin de continuer à bénéficier de leurs tarifs. 

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