Dans le JDD, Agnès Buzyn défend la fermeture des maternités dangereuses

Dans une tribune publiée le 31 mars dans le JDD, Agnès Buzyn a défendu son projet de loi de santé adopté la semaine dernière à l’Assemblée. Et répondu aux critiques, notamment sur le sujet sensible de la fermeture des petites maternités. Morceaux choisis.
 

« Ma priorité, c’est que nous augmentions à court terme le temps médical disponible à nombre de médecins constant, sans attendre les quelques années encore nécessaires pour en former davantage. Il faut pour cela faire tomber les barrières qui empêchent les professionnels de travailler ensemble : entre les médecins et les autres professionnels soignants, le secteur sanitaire et le médico-social, le secteur public et privé. »
 
Tels sont les mots utilisés par Agnès Buzyn pour défendre son projet de loi Santé, dans une tribune publiée le 31 mars dans le JDD. La ministre de la Santé a en effet affiché l’objectif de renforcer l’accès aux soins de proximité dans les territoires et de repenser le rôle des hôpitaux de proximité. 
 

"Aucun service d’accouchement n’est fermé pour des raisons financières"

 Sur l’épineuse question du maintien des petites maternités, la ministre de la Santé s’est voulue rassurante : « aucun service d’accouchement n’est fermé pour des raisons financières, nulle part en France. » Selon elle, « chaque femme doit être assurée de la qualité des soins lors de son accouchement. Partout où la présence suffisante de pédiatres, gynécologue-obstétriciens, sages-femmes et anesthésistes permet de garantir la sécurité des mères et des enfants, nous maintenons les accouchements dans les maternités locales. Quand ce n'est pas le cas, elles sont transformées en centres de périnatalité, dans lesquels les femmes continuent de bénéficier des soins de suivi de la grossesse jusqu'à l'accouchement et juste après. »
 
Et d’ajouter que cette transformation était toujours au bénéfice des habitants : « Maintenir localement une maternité sans médecins pour la faire tourner n'est ni un service à leur rendre ni l'idée que je me fais du service public. Mais je suis également consciente qu'accoucher un peu plus loin de chez soi peut être source d’angoisse, et que nous devons y répondre. »

Une permanence de sages-femmes dès 2019

La ministre a ensuite annoncé qu’elle généraliserait cette année le pack de services "Engagement maternité" garanti pour chaque femme dont le domicile se trouve à plus de 30 minutes d'une maternité. Celui-ci comprend le remboursement par l'Assurance maladie du transport sécurisé vers la maternité en urgence ou pas, de l’hébergement des femmes et de leur famille en hôtel près de la maternité quelques jours avant le terme de la grossesse si elles le souhaitent, et de toutes les consultations de la grossesse à domicile ou non suivant les besoins de chacune, a-t-elle précisé.
 
Enfin, Agnès Buzyn désire « donner aux sages-femmes un rôle de premier plan dans la prise en charge dans l’accompagnement des femmes enceintes qui vivent loin d’une maternité. Pour éviter les risques liés à un accouchement inopiné, une permanence de sages-femmes sera mise en place dès 2019 dans tous les territoires éloignés, l'équipement nécessaire sera systématiquement disponible et une sage-femme libérale formera localement les professionnels du Samu à ce type d'intervention. »
 
Avant de conclure avec cette phrase sibylline qui semble suggérer que la France est malade : « un pays qui soigne bien est un pays qui peut guérir. »

Portrait de Julien Moschetti

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