Cancer de la prostate : une évaluation centrée sur le patient

En 2014, un groupe de travail international s’est attelé à développer une série de mesures pour analyser, comparer et améliorer les traitements du cancer de la prostate localisé, en prenant en compte les résultats qui importent aux patients. Et ce, en recentrant la collecte des données sur le patient.

Une démarche innovante Outre-Atlantique. Un groupe de travail international a mis en place une évaluation simple et facile à mettre en œuvre du traitement du cancer de la prostate localisé. Ils ont ainsi proposé une mesure « standardisée » de la prise en charge de ce cancer, en centrant l’évaluation sur des critères subjectifs, émanant des patients eux-mêmes. Objectif : améliorer cette prise en charge, la placer au plus près des attentes et du ressenti des patients.
 
Mené par le Pr Neil Martin, ce groupe de travail a réuni des patients, des urologues, des oncologues-radiothérapeutes et des experts des registres médicaux. Il a été organisé par l’International Consortium for Health Outcomes Measurement de Cambridge (ICHOM), une organisation à but non lucratif qui travaille au développement de sets d’indicateurs standardisés pour mesurer les résultats qui importent aux patients.
 
 

Mesures effectuées par l’équipe médicale

 
L’évaluation se base d’abord sur des données cliniques et administratives : âge, IMC, date du diagnostic … Six mois après le début de traitement, elle prend en compte les différentes approches thérapeutiques (chirurgie, radiothérapie, surveillance …), et inclut les éventuelles complications aiguës. Enfin, elle mesure la mortalité, réévaluée tous les ans jusqu’au décès, dont les causes seront aussi portées à l’analyse.
 

Rapports du patient

 
En plus des données communiquées par les équipes médicales et administratives, le groupe de travail met particulièrement l’accent sur celles recueillies auprès des patients. Ces données, qui documentent les complications survenues dans les 6 mois suivant le début du traitement, sont réévaluées annuellement pendant 10 ans. L’impact des traitements sur la vie des patients fait l’objet d’une évaluation et d’un suivi similaires.


 
Afin de « mesurer » ces éléments, le groupe de travail recommande un instrument unique baptisé « Expanded Prostate Cancer Index Composite 26-item short form » (EPIC-26).  Ce court questionnaire interroge le patient sur l’incontinence et les irritations urinaires, les symptômes intestinaux, sexuels ou hormonaux.
 
Pour compléter et améliorer l’interprétation du questionnaire EPIC-26, et notamment le volet concernant les troubles sexuels, le groupe de travail a ajouté trois questions. Elles portent sur l’intérêt général au sexe (dont la libido), ainsi que sur l’utilisation de dispositifs médicaux et de médicaments pour améliorer l’érection. Bref, des données qui dépassent le seul périmètre clinique pour informer sur la qualité de vie du patient après le traitement.
 
 

Une version en ligne éprouvée

 
Ces critères d’évaluation permettent ainsi d’affiner la prise en charge de ce cancer, et de mesurer son efficacité en intégrant des résultats qui importent réellement aux patients. Une étude récente s’est penchée sur une version « web » du questionnaire EPIC-26. Les chercheurs ont comparé les réponses données sur internet avec celles fournies lors de l’administration du questionnaire par téléphone. L’étude démontre une excellente corrélation des réponses. Les scientifiques concluent donc à l’efficacité du questionnaire en ligne, et encouragent son utilisation pour l’amélioration des pratiques cliniques et de la qualité de soin des patients.
 
 

Portrait de WUD
Par WUD

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